26/07/2007

Une éruption a permis la localisation de 3 réservoirs magmatiques au Piton de la Fournaise (île de la Réunion, France)

Identification de 3 réservoirs magmatiques au Piton de la Fournaise (île de la Réunion, France)

Grâce à “l’éruption du siècle” de 1998, trois réservoirs de magma identifiés

- 1 Le mois de septembre 1996 marque en quelque sorte le réveil du volcan, endormi depuis 1992 : l’essaim de séismes profonds localisés à 15 kilomètres sous la zone plaine des Sables-hauts de la rivière des Remparts traduirait « le début d’une réalimentation profonde du système d’alimentation de la Fournaise, préparant ainsi la période d’activité initiée en 1998 ».

- 2 Le 6 mars 1998, débute « une crise sismique profonde ». « Cette sismicité, migrant progressivement de 7,5 km à 2,5 km de profondeur sous le sommet du volcan, fut interprétée comme soulignant la réalimentation d’un réservoir superficiel. »

- 3 Etonnamment, depuis 2001, et contrairement aux volcans basaltiques qui « respirent » au rythme de leur activité, le sommet du piton de la Fournaise ne gonfle pas spectaculairement avant et ne dégonfle plus sensiblement après chaque éruption, faisant naître l’idée d’un état de surpression permanent de ce réservoir superficiel estimé de petite dimension. Par ailleurs, l’ampleur des déformations du sommet (sous la pression du magma qui se met en place) n’est pas en corrélation avec les volumes de lave émis, beaucoup plus importants que ce que la faiblesse des déformations pourrait suggérer. D’où l’idée de l’implication d’une deuxième source de magma plus profonde, que la chercheuse localise à 7,5 km de profondeur, en relation avec la sismicité. Les cycles éruptifs qu’elle décrit (une succession de 3 à 4 éruptions en moins d’un an comme en 2001-2002, mai 2003-janvier 2004, mai 2004-février 2005, octobre 2005-décembre 2005, juillet 2006-avril 2007) commencent par des éruptions en région sommitale (cratère Dolomieu) ou latérale proche (au pied du cône terminal), mettant en jeu de faibles volumes de lave.

Une connexion permanente

Les données sismiques permettent de dire qu’elles se déclenchent à partir d’une zone située entre 500 et 800 m au-dessus du niveau de la mer, pouvant correspondre à une rupture dans le « toit » d’un réservoir d’un volume estimé à 0,3 km3. C’est à cette altitude que la chercheuse voit apparaître la racine des « dykes », fractures provoquées dans l’édifice du volcan par le magma sous pression qui s’y infiltre pour gagner progressivement la surface, en quelques dizaines de minutes ou quelques heures. Après l’éruption, le gonflement du sommet reprend, « révélant une poursuite du stockage magmatique ». Entre alors en jeu un autre élément : l’instabilité du flanc est du volcan. Adossée à l’ouest au massif du piton des Neiges, la Fournaise affiche en effet une propension à glisser vers l’est, comme en témoignent en mer les traces d’un effondrement géant survenu il y a environ 4 500 ans. Les injections de magma répétées dans la zone centrale du sommet accentuent ce phénomène, le flanc libre du volcan se déplaçant de plusieurs mètres à l’est chaque décennie. Cette instabilité favoriserait des éruptions sur le flanc oriental, selon Aline Peltier.

 

Les éruptions facilitées

Enfin, les éruptions survenant nettement plus loin du sommet (« distales », comme celle d’avril 2007) et en fin de cycle, caractérisées par des débits importants, « seraient la marque d’une remontée rapide de magma », « favorisant là encore la déstabilisation du flanc est et une rupture préférentielle à l’est du réservoir superficiel ». La capacité des conduits dans lesquels circule le magma à rester « chauds » et « relativement bien ouverts » semble établie, expliquant les successions d’éruptions sommitales (ainsi l’éruption « surprise » d’août 2006 dans le Dolomieu, précédée d’une dizaine de séismes seulement, est survenue quinze jours après l’arrêt de l’éruption précédente, dans une zone propice car déjà fortement fracturée) tout comme la réalimentation continue et silencieuse (« asismique ») du réservoir superficiel.

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12:46 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : piton d ela fournaise, reunion, reservoir magmatique |  Facebook |

23/07/2007

Origine (profondeur) de l'activité strombolienne

Origine du mécanisme gazeux menant à l'activité strombolienne.

La composition des gaz magmatiques révèle la profondeur du lieu où se forment les bulles gazeuses conduisant à l'activité explosive strombolienne.
L'activité éruptive de type strombolien, commune sur de nombreux volcans, consiste en des explosions régulières induites par l'éclatement de bulles gazeuses qui remontent plus rapidement que le magma environnant.
Les secousses d'explosion associées à l'activité strombolienne sont généralement localisées à faible profondeur. Toutefois, où et comment les bulles se forment réellement restent peu compris. Des scientifiques ont utilisé des mesures spectroscopiques réalisées durant des phases de calme et d'activité explosive sur le volcan Stromboli (Sicile, Italie) afin de démontrer que les nucléations gazeuses ont une origine assez profonde, c'est-à-dire à l'interface séparant la structure volcanique de la croûte, soit à environ 3 km sous la surface. C'est là que les discontinuités structurales ainsi que la vitesse différentielle de remontée des bulles est susceptible de favoriser l'initiation d'un processus de coalescence gazeuse.

Les résultats de cette étude suggèrent que les bulles se forment au niveau du plancher fissuré du volcan et se regroupent, à l'image des bulles d'un soda, avant de pétiller à la surface. 

Le découplement observé entre la genèse des bulles profondes et superficielles (250 mètres) des secousses d'explosion peuvent être un trait commun
de l'activité strombolienne. Il est déterminé principalement par la géométrie des systèmes de conduites volcaniques souterrains.

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09/07/2007

Les volcans peuvent être dangereux ...

Les dangers cachés des volcans...

 

Ces derniers jours, deux évènements dramatiques sont revenus rappeler que les volcans peuvent être dangereux. Ces accidents récents survenus d'une part sur l'un des deux volcans actifs de la République Démocratique du Congo (le Nyiragongo au Kivu) et d'autre part au sommet du volcan Salak (île de Java en Indonésie) soulignent qu'un volcan, même calme, peut être source de tragédie humaine.

 

Une chinoise tombe dans un volcan

 

Une touriste chinoise s'est tuée vendredi en tombant dans le cratère du volcan Nyiragongo, près de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo. Cecilia Cheng Siuyan était montée sur le bord du cratère pour prendre des photos lorsqu'elle a glissé et fait une chute de plus de cent mètres. Son corps sans vie, qui repose sur une corniche au-dessus du lac de lave, n'a pu être récupéré, a précisé samedi Célestin Kasereka, directeur de l'observatoire vulcanologique de Goma. Une vingtaine de casques bleus indiens de la Monuc, la force des Nations unies en RDC, et le vulcanologue Jacques Durieux tentent d'atteindre le corps. En janvier 2002, une éruption du Nyiragongo avait fait 147 victimes et détruit en partie Goma.

 

Source : http://www.lejdd.fr

 

Six adolescents tués par les gaz toxiques d'un volcan indonésien

 

Six lycéens qui campaient sur le flanc d'un volcan indonésien ont été tués par les fumées toxiques s'échappant d'un cratère, et plusieurs autres ont été incommodés, a déclaré un médecin hospitalier dimanche. Les victimes âgées de 14 à 16 ans passaient le week-end avec un groupe d'une cinquantaine d'élèves à 2.180m d'altitude, sur le volcan Salak situé au sud de Djakarta, dans le centre de l'archipel. Ils sont morts samedi, a précisé le Dr Jusuf Fauzan, de la ville voisine de Bogor. Les familles ont refusé que les corps soient autopsiés.

Escalader les volcans peu actifs est un loisir populaire en Indonésie, où l'on compte plus de volcans actifs que dans aucun autre pays.

Source : AP

 

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10:52 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : danger des volcans, gaz, effondrement, cratere |  Facebook |