27/01/2008

Un nouvel outil de prévision des éruptions

Un nouvel outil de prévision des éruptions

La prévision des éruptions reste un art délicat. Une nouvelle méthode, qualifiée de prometteuse par l’observatoire volcanologique, est en cours de développement par des équipes scientifiques qui travaillent sur le piton de la Fournaise. Elle permettrait également d’anticiper l’intensité des éruptions. La crise sismique du 11 janvier dernier et la vraisemblable prochaine entrée en activité de notre volcan doivent contribuer à mettre à l’épreuve en temps réel le modèle proposé;

Florent Brenguier, physicien à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), avec ses collègues chercheurs basés à l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise et au Laboratoire de géophysique interne et de tectonophysique de Grenoble, a décrypté 18 mois d’enregistrements de la vingtaine de sismomètres du réseau de surveillance du volcan, sur la période 1999-2000. Il a pu caractériser ce qui apparaît aujourd’hui comme des signes précurseurs fiables de futures éruptions : des baisses de vitesse de propagation de certaines ondes sismiques. Grâce à l’arrivée d’ordinateurs beaucoup plus puissants et d’un programme d’acquisition et de traitement des données créé par le service géologique américain (USGS), l’observatoire enregistre en continu l’activité sismique du piton de la Fournaise depuis bientôt dix ans. Cosignataires de l’article de Geoscience, Valérie Ferrazzini, sismologue à l’observatoire, et Zacharie Duputel, doctorant, auteur d’un programme de traitement en temps réel, ont pris en charge les données sur les éruptions 2006-2007, objet d’un article prochainement soumis au Journal of Volcanology and Geothermal Research.

En répétant ces mesures dans le temps, rapporte Florent Brenguier, nous avons pu identifier des variations extrêmement petites des propriétés physiques de l’édifice volcanique plusieurs jours avant le début d’une éruption. Ces précurseurs ont été observés de manière systématique pour six éruptions du piton de la Fournaise, y compris pour la dernière d’avril 2007. Cette éruption d’une intensité extraordinaire a été marquée par un précurseur de grande amplitude. Une première analyse semble donc indiquer que cette nouvelle méthode pourrait à la fois permettre de mieux prédire l’occurrence d’une éruption mais aussi son intensité, paramètre essentiel pour la prévention des risques volcaniques. » Pour l’instant, il faut tout de même se montrer prudent sur l’avenir de cette méthode de prévision, qui demande à être affinée. La prochaine éruption, dont la crise sismique du 11 janvier constitue un signe annonciateur, n’est sans doute pas très éloignée. Dès début décembre dernier, l’observatoire volcanologique a détecté grâce à son réseau GPS des signes qui ne trompent pas : « Le cratère Dolomieu est en train de s’ouvrir », signe d’un gonflement, selon Thomas Staudacher, responsable de l’équipe scientifique de Bourg-Murat. Une mini-crise d’une vingtaine de séismes a d’ailleurs suivi quelques jours plus tard. « Je pense que la chambre superficielle est en train de se remplir », note pour sa part Valérie Ferrazzini. Or, on a bien observé avant cet événement une baisse de la vitesse de propagation des ondes sismiques, un indice prometteur.

Le nouvel outil de prévision en cours de développement fait appel à des données jusqu’alors négligées par les chercheurs, explique Valérie Ferrazzini, sismologue à l’observatoire volcanologique. Traditionnellement, les physiciens chargés de décrypter les enregistrements sismiques opèrent en effet un nettoyage, éliminant le « bruit de fond » (les perturbations liées à la houle océanique qui fait vibrer le sol principalement), pour ne conserver que les signaux réels ( « séismes ») liés à l’activité volcanique. Or, comme l’expose l’article, l’analyse de ces signaux « parasites » (le bruit de fond) met en évidence, au cours des semaines précédant une éruption, une baisse de leur vitesse de propagation, sans doute en raison d’une augmentation de la pression du magma à l’intérieur de l’édifice volcanique (gonflement du volcan, ou « inflation »), même très minime et indétectable par les méthodes géophysiques déjà utilisées dans les observatoires. Au contraire, après une éruption (qui se traduit par un dégonflement ou « déflation »), cette vitesse de propagation a tendance à augmenter à nouveau.

Pour la surveillance des volcans explosifs

Cette méthode de prévision des éruptions, peu coûteuse à mettre en œuvre, pourrait déboucher sur des applications dépassant largement les frontières de l’île : avec deux stations sismiques, indique Valérie Ferrazzini, on pourrait surveiller très facilement des volcans isolés dans des régions peu développées. Florent Brenguier, pour sa part, pense notamment aux volcans explosifs d’Indonésie et d’Amérique du Sud et à la prévision des tremblements de terre.

Résumé de l'article (abstract) en anglais

François Martel-Asselin
Le Journal de l'île de la Réunion
www.clicanoo.com

Cyclones et éruptions

Existe-t-il une corrélation entre pluviométrie et éruptions ? Autrement dit, de fortes pluies peuvent-elles déclencher des éruptions ? Rien n’est tout à fait sûr sûr et cette hypothèse a souvent été évoquée au cours des dernières décennies. Mais les chercheurs mettent aujourd’hui en évidence des coïncidences trop troublantes entre certains épisodes cycloniques et plusieurs éruptions. « L’introduction d’un fluide dans un édifice volcanique peut faire changer la pression », admet Valérie Ferrazzini.

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21/01/2008

Un volcan éteint sous l'Antarctique

Un volcan éteint sous l'Antarctique  

 Un volcan, dont l'éruption la plus récente remonterait à seulement 2.300 ans, a été découvert sous la glace dans la partie occidentale de l'Antarctique, rapportent dimanche deux scientifiques britanniques dans la revue Nature Geoscience.

Le volcan subglaciaire des Monts d'Hudson, en terre d'Ellsworth, près du glacier de Pine Island, a été décelé par l'étude de données radar obtenues par avion, qui ont montré une profonde couche de cendres enterrée dans la glace entre 100 et 700 m de profondeur et couvrant quelque 23.000 km2.

Ces «téphras», cendres et roches éjectées dans l'air, sont répartis sur une surface elliptique de 156 km sur 190 km, ce qui montre, soulignent les scientifiques, qu'il n'y a eu «qu'une seule éruption» et qu'il y avait peu de vent lorqu'elle s'est produite, entre 240 et 207 ans avant notre ère.

La découverte d'une éruption sous-glaciaire subtancielle, d'une intensité intermédiaire entre sévère et catasclysmique, sous la calotte glaciaire de l'Antactique est unique a déclaré l'auteur de l'article scientifique, Bas's Hugh Corr.

"Nous croyons que ce fût l'éruption la plus importante en Antarctique depuis les 10.000 dernières années. Elle creusa une énorme cavité dans la calotte de glace et généra un panache de gaz et de cendre qui a atteint une hauteur de 12 km.

Test de l'acidité

Une évidence supplémentaire concernant l'âge de l'éruption provient des carootes de glace qui ont été extraites de différentes zones du continent Blanc. 

Plusieurs montrent qu'il y a environ 2200 ans une fine couche de glace possède une conductivité électrique inhabituellement bonne. 

L'équipe de Bas suggère que le volcan aurait pu être responsable de cette caractéristique en expulsant dans les airs des acides et d'autres composés chimiques qui sont ensuite retombés sur le sol avant d'être incorporés au sein de la glace.

La cendre, l'acide sulphurique et d'autres composés auraient pu être expulsés sous forme de mélange avec la vapeur d'eau issue de la fonte de la glace.

La cendre est retombée dans une zone elliptique centrée autour du volcan mais l'acide sulfurique a pu stagner bien plus longtemps et s'être déplacé au gré des courants atmosphériques avant de retomber au sol.

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09:09 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : antacrtique, tephra |  Facebook |

12/01/2008

Un volcan chilien, le Llaima, injecte une importante quantité de dioxyde de soufre dans l'atmosphère.

Un volcan chilien, le Llaima, injecte une importante quantité de dioxyde de soufre dans l'atmosphère. 

A côté de la cendre et de la vapeur d'eau, le Llaima a également libéré dans l'atmosphère un important panache de dioxyde de soufre. Celui-ci s'est déplacé vers l'Est en se dispersant. Le 4 janvier, soit 3 jours après le début de l'éruption, le nuage soufré est passé au-dessus de l'archipel de Tristan da Cunha, situé dans l'Atlantique Sud. L'image ci-dessous a été acquise par l'instrumentation de détection "OMI" embarqué sur le satellite AURA de la NASA. Elle montre la progression du nuage du 2 au 4 janvier 2008. L'OMI mesure la quantité totale de SO2 présent dans la colonne gazeuse qui est exprimée en Dobson. Si on comprimait tout le SO2 d'une colonne atmosphérique dans une couche plane à la température de 0°c et sous la pression d'une atmosphère, une unité Dobson de SO2 mesurerait une épaisseur de 0,01 mm et contiendrait 0,0285 gr. de SO2 par m2.

Le SO2 peut se combiner à l'eau pour former un aérosol d'acide sulfurique (H2SO4) doté d'un pouvoir réfléchissant élevé. Étant donné que cette brume acide réfléchit les rayons solaires en les éloignant de la terre, une éruption substantielle, comme celle du Mt Pinatubo en 1991, peut causer un effet de refroidissement sur la planète. Les résultats des mesures "OMI " signalent que l'éruption du Llaima a produit trois ordres de grandeur en moins (soit 1000X  moins) de SO2 que celle du Pinatubo, et ne devrait donc pas avoir un impact significatif sur le climat à grande échelle.

Un total de 16.000 tonnes de SO2 aurait ainsi été émis dans l'atmosphère au cours de cette éruption.

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 Sur cette image, la couleur rouge est associée aux concentrations les plus élevés de dioxyde de soufre (SO2) alors que le rosâtre indique les plus basses concentrations ("Earth Observatory NASA").

09:55 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dioxyde de soufre, llaima, chili, omi |  Facebook |