12/12/2008

Les grands tremblements de terre déclenchent une augmentation des éruptions volcaniques !

Les grands tremblements de terre déclenchent une augmentation des éruptions volcaniques !

Par exemple, le volcan d'Osorno, situé au Chili Méridional, est entré en éruption en 1837 suivant un très puissant tremblement de terre.

Le fait que les très puissants tremblements de terre peuvent déclencher une augmentation de l'activité des volcans proches de l’épicentre vient d’être mis en évidence statistiquement par des scientifiques de l'université d'Oxford.

Une analyse des évènements volcaniques au Chili Méridional a prouvé la survenue de jusqu'à quatre fois plus d'éruptions volcaniques au cours de l'année suivant de très puissants tremblements de terre par rapport aux autres années.

Cette augmentation subite d’activité volcanique peut impliquer des volcans jusqu'à au moins 500 kilomètres de l'épicentre d'un tremblement de terre.

Jusqu'à ce jour, les scientifiques avaient identifié quelques cas où les éruptions volcaniques suivaient de très puissants tremblements de terre. Cependant, jusqu'à présent, il avait été difficile de prouver statistiquement que de tels séismes étaient responsables d'une augmentation du nombre d'éruptions. Jusqu’ici, cette corrélation spatiale était plutôt mise sur le compte d'une coïncidence.

La partie la plus inattendue de cette découverte est la distance considérable séparant l’épicentre du tremblement de terre et l’endroit du déclenchement de ces éruptions ainsi que la période durant laquelle l’augmentation de l’activité volcanique a été observée.

Ces résultats statistiques suggèrent que les ondes sismiques, rayonnant à partir de la zone de rupture sismique, peuvent déclencher une éruption en agitant ou en secouant la roche en fusion sous les volcans. Les perturbations résultantes conduisent à l’éruption. Cependant, en raison de la période durant laquelle la pression à l’intérieur de l’édifice volcanique augmente graduellement et de la durée d’ascension du magma vers la surface, une éruption peut se produire seulement quelques mois après le tremblement de terre.

Watt de Sebastia, un étudiant du département des sciences de la terre d’Oxford, a examiné les évènements d’éruption volcanique et de tremblement de terre au Chili  Méridional où, en 1835, Charles Darwin avait suspecté, pour la première fois, un lien entre les tremblements de terre et les éruptions. Sur base de l’analyse soigneuse des évènements historiques, il a découvert que l'activité volcanique a augmenté durant environ une année après chacun des tremblements de terre les plus puissants du Chili Méridional au cours des 150 dernières années.

Les volcans impliqués, dans un rayon de 500 km de l’épicentre sismique, comprenaient des volcans actifs et en sommeil. Les deux grands tremblements de terre chiliens de 1906 et 1960 (le plus puissant jamais enregistré) furent chacun suivis par l’activité de 6 ou 7 volcans, une augmentation significative par rapport au taux moyen d’activité éruptive durant environ 1 année.

Sebastian a déclaré : "ce travail est important parce qu'il prouve que le risque d'éruption volcanique augmente nettement après de grands tremblements de terre dans certaines régions du monde, telles que le Chili, particulièrement affecté par ces deux phénomènes naturels. Si tout va bien, nos résultats pourraient aider les gouvernements et agences de ces régions afin de mieux évaluer les risques volcaniques en soulignant le besoin de porter une attention accrue sur l'activité volcanique qui se produit après de grands tremblements de terre."

Sur la base de cette constatation, David Pyle suggère que les scientifiques tentent de dépister les prémices d’événements volcaniques en Indonésie consécutifs au grand tremblement de terre de 2004 et des deux secousses de 2007. Quatre éruptions se sont déjà produites parmi les 36 volcans actifs de l’île de Sumatra, suggérant un lien de cause à effet.

 

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