21/11/2007

Nouvel outil de prédiction du trajet des coulées de lave. Essais sur les volcans effusifs d'Hawai...

NOUVEL OUTIL DE PREDICTION DU TRAJET DES COULEES DE LAVE

Une nouvelle technique permet de prédire avec plus de précisions le trajet des coulées de lave du Kilauea. Cette méthode est mise en œuvre pour tenter d‘anticiper la trajectoire d’écoulements laviques extraordinaires qui ont débuté le 21 juillet dernier.La coulée, issue d’une fissure située à proximité du cratère Kupaianaha, a édifié un énorme chenal surmontant le terrain environnant, une sorte de système drainant long de 1,5 km et surélevé de 35 mètres par rapport au niveau du sol avant l’éruption.Les scientifiques déclarent que ce type de chenal lavique perché n’avait jamais été observé auparavant, et les experts ne peuvent encore prédire la suite des évènements.

Kilauea_01

Map_Kilauea

L’extrémité orientale de la fissure éruptive se trouve à 18 km du village de Pahoa et a délivré jusqu’ici 500.000 m3/jour depuis l’ouverture de la fissure éruptive sur les flancs du cône Pu’u ‘Oo le 21 juillet dernier. Le chenal a canalisé cette lave vers le N.E., grosso modo en direction de Pahoa et vers les subdivisions rurales qui l’entourent.Le front des coulées actuelles, issues du système de fissures et de chenaux, a atteint une distance de 5,5 km vers le N.E. à partir de leur source. Le village de Pahoa  se situe à 215 m. au-dessus du niveau de la mer et l’activité effusive a eu lieu jusqu’à présent entre 550 et 670 m. d’altitude et est restée cantonnée à une distance variant entre 13 et 14,5 km du village.La semaine passée, les coulées sont descendues jusqu’à l’altitude de 520 m. dans la forêt humide de Wao Kele O Puna. Cependant, il semble que les écoulements laviques vont à nouveau s’étaler latéralement étant donné que le système d’alimentation des tunnels/tubes de lave semble obstrué.L’éruption du Kilauea dure depuis plus de 24 ans et la plupart des coulées de lave se sont dirigées vers le SE. En descendant sur le flanc méridional du rift oriental du Kilauea, les coulées ont recouvert 117 km2, brûlé 189 habitations et englouti le village de Kalapana sur leur passage. Cependant, la majorité des coulées ont circulé dans des zones non peuplées. Aucun édifice n’a plus été brûlé depuis 2002.

NOUVEL OUTIL A DISPOSITION

 

L’éruption actuelle est différente parce que les coulées ont été, pour la plupart, canalisées vers le nord et le nord-est. Les résidents et les autorités de la Protection Civile ont été mis au courant de l’endroit où la lave pourrait atteindre Pahoa et traverser la route nationale N130. L’objectif est de prédire le trajet de la lave au cas où la coulée deviendrait plus concentrée et commencerait à se déplacer dans une seule et même direction; en gros NNE.Les scientifiques disposent à présent d’un nouvel outil de prédiction alors que ce n’était pas le cas lorsque le village de Kalapana a été complètement détruit en 1990. Cet outil est un logiciel d’informations géographiques qui permet aux techniciens de développer des modèles digitaux de terrain afin de calculer les trajectoires les plus probables de la lave.Les cartes élaborées à partir des données montrent comment des fluides, telle que l’eau, devrait être physiquement drainés le long de la surface topographique. Deux essais suggèrent que le modèle théorique est un bon outil pour prédire le trajet des coulées sur le terrain. Jim Kauahikaua, scientifique en charge au H.V.O., a déclaré que le premier essai de modélisation avait traité des données afin de prédire la trajectoire de coulées issues d’une éruption du Mauna Loa. Les résultats ont ensuite été comparés avec les données réelles de terrain, à savoir comment les coulées « aa » ont réellement circulé en direction de la ville de Hilo à l’occasion de l’éruption fissurale qui s’est produite le long du rift NE du Mauna Loa en 1984.Le résultat était encourageant. Les coulées ont suivi les trajectoires prévues dans plus de 60% du temps.Le second essai a été effectué sur le volcan Kilauea pendant l’épisode effusif dit du "Mother's Day"/"Jour de la Fête des Mères" en 2002 où les coulées sont descendues le long de la partie occidentale du champ lavique.A cette occasion, le Parc National des Volcans d’Hawai avait le souci de créer des barrières de feu pour protéger certaines zones critiques de forêt originelle. Pour ce faire, ils avaient besoin de la meilleure information possible à propos du trajet probable de la lave afin de placer ces barrières de feu aux endroits adéquats.A cette occasion, le Service Géologique Américain (USGS) utilisa des données pour estimer les trajectoires des coulées dans cette zone et, à nouveau, le résultat se révéla assez probant. En général, ces coulées, particulièrement lorsqu’elles traversaient les zones de « pali »/escarpements, étaient bien prévues aux endroits attendus par le modèle théorique.

LA LAVE NE SE COMPORTE PAS COMME DE L’EAU

 

Prédire les trajectoires probables des coulées de lave dans la zone de Puna entre Kupaianaha et Pahoa est beaucoup plus difficile parce que les pentes douces tendent à être graduelles, ce qui rend la prédiction plus aléatoire. L’USGS espère à présent utiliser des données provenant d’une méthode plus sophistiquée appelée LIDAR ("light detection and ranging"). Ces données ont été recueillies sur la zone de forêt pluvieuse de Wao Kele O Puna afin de prévoir avec plus d’exactitude le trajet des coulées dans ce secteur.Un autre problème réside dans le fait que la lave ne se comporte pas comme de l’eau. Une coulée de lave peut circuler vers le bas, s’arrêter soudainement et se consolider parce que l’alimentation à la source est interrompue.Le fait le plus marquant de l’éruption fissurale en cours est peut-être l’impressionnant chenal créé par la coulée et qui est devenu à présent analogue à un système de canalisation facilitant le transport de la lave à partir de la fissure effusive, située près du Kupaianaha, vers le village de Pahoa.Le canal a été édifié lorsque de la lave scoriacée (“aa”) s’est refroidie et s’est ralentie à l’extrémité du courant de la lave en créant un bouchon bloquant qui a obligé le courant à faire marche arrière. A la suite de ce processus, le courant de lave a débordé en vagues vers ses berges et celles-ci se sont refroidies rapidement. Le refroidissement de la lave sur les rives a édifié les deux remparts du chenal lavique. Le processus a été répété à de nombreuses reprises. A chaque débordement par-dessus le chenal long de 1,5 km, il y avait obstruction. C’est ainsi que le courant de lave était obligé de faire demi-tour et ainsi de suite jusqu’à solidification d’une digue d’enceinte haute de quelques dizaines mètres.

logo_HVO

 
lave_be_sm
 

12:24 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hawai, prediction, coulees de lave, kilauea, mauna loa |  Facebook |

10/11/2007

Soulèvement important de la surface du super-volcan de Yellowstone depuis 2004

La surface du super-volcan de Yellowstone (USA) s'est soulevée de 18 centimètres depuis 2004

yell_location-map

Localisation du parc national américain de Yellowstone

Yellowstone_fs2005-3024_fig_03

Carte géologique du Parc de Yellowstone. La caldera de Yellowstone est delimitée par le trait violet. Le trait vert délimite les calderas les plus externes et aussi les plus anciennes (points tillés où la limite est incertaine).

Old_Faithfull

Cliquez sur la photo pour voir le geyser "Old Faithfull" ("le Vieux Fidèle") en action via une webcam du parc National de Yellowstone.

Aux Etats-Unis, le super-volcan de Yellowstone est-il en train de se réveiller ? Sa caldeira, une grande cuvette longue de 60 km et large de 40 km située au centre du parc national et résultant d'une énorme explosion volcanique qui a eu lieu il y a 642 000 ans, s'est élevée de 18 cm entre juillet 2004 et la fin de 2006. Soit une moyenne de 7 cm par an.Ce gonflement de la caldeira a été mis en évidence par les douze stations GPS qui équipent le volcan et par le radar spécialisé du satellite Envisat de l'Agence spatiale européenne. Ce soulèvement est beaucoup plus rapide que ceux observés depuis 1923. Les élévations annuelles n'ont en effet jamais dépassé 2 cm par an.Les scientifiques américains, qui présentent ces observations dans la revue Science de vendredi 9 novembre, pensent que ce phénomène est dû à la recharge de la chambre magmatique géante située sous le volcan, constituée de roches fondues et de matériaux solides. A cela pourrait s'ajouter une pression accrue des fluides hydrothermaux.Des recherches précédentes ont montré que la chambre magmatique de Yellowstone est localisée entre 8 km et 16 km de profondeur. Elle a la particularité d'être alimentée en magma par un "point chaud", à plus de 600 km sous terre. Situés à la base du manteau terrestre supérieur, les points chauds correspondent à une concentration locale de chaleur qui amène la fonte des roches. Plus légères que le reste du matériau ambiant, ces dernières remontent vers la surface et percent la croûte terrestre, comme un gigantesque chalumeau.En ce qui concerne Yellowstone, les chercheurs sont divisés sur la forme que prendrait une éventuelle éruption : coulées magmatiques ou projection dans l'atmosphère ? Pour l'heure, la surélévation constatée "n'est pas le signe d'une éruption volcanique ou d'une explosion hydrothermale imminentes", tempère Robert Smith, sismologue et professeur de géophysique à l'université de l'Utah, qui a dirigé l'étude publiée dans Science.

Rappelons qu'un tel phénomène de soulèvement, associé à des essaims de séismes, a également eu lieu, en plusieurs phases, dans la caldera de Long Valley (Californie, USA) depuis le début des années 1980 (1982). Le procressus a été particulièrement important danns les années 1990 et suivi de près par le Service Géologique Américain (USGS).

Long_Valley

Cliquez sur la photo pour lire des informations (en anglais) sur ce volcan.
 

ERUPTIONS GEANTES 

Cependant le risque est réel. Car le super-volcan de Yellowstone a connu dans le passé des éruptions géantes qui ont eu lieu il y a 2 millions d'années, 1,3 million d'années, et 642 000 ans. Ces dernières ont été respectivement 2 500 fois, 280 fois et 1 000 fois plus importantes que l'éruption dévastatrice du Mount Saint Helens en 1980 (57 morts, un milliard de dollars de dégâts), précise Robert Smith. Depuis, des éruptions de moindre envergure ont eu lieu.

Le parc de Yellowstone connaît une activité sismique modérée mais régulière, puisque des centaines de secousses s'y produisent chaque année. La plus violente, d'une magnitude de 7,5, s'est produite en 1959. La chaleur apportée par le magma, situé à très faible profondeur, alimente les processus géothermiques caractéristiques du parc : il compte plus de deux cent geysers, ainsi que de nombreuses sources et lacs hydrothermaux.

Pour anticiper un réveil qui pourrait être catastrophique, l'observatoire volcanologique de Yellowstone a décidé, en 2006, de doter le site de systèmes d'observation et d'alerte plus perfectionnés, selon un programme qui s'échelonnera jusqu'en 2015.

lave_be_sm

10:04 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yellowstone, caldeira, super-volcan |  Facebook |

26/10/2007

Recherche d'évents hydrothermaux en Mer Tyrrhénienne (Méditerrannée)

Recherche d'évents hydrothermaux en Mer Tyrrhénienne (Méditerrannée)

Des scientifiques néo-zélandais et américains rejoindront leur collègues italiens la semaine prochaine afin d‘investiguer pour la toute première fois l’activité de systèmes hydrothermaux sous-marins en Méditerranée méridionale.

Au cours des 9 dernières années, des chercheurs néo-zélandais et américains ont découvert que plus de 60% des 90 volcans sous-marins de la Baie de Plenty (Nord de la Nouvelle-Zélande) et des îles Tonga étaient hydrothermalement actifs.

Cela signifie que des fluids riches en minéraux sont expulsés en mer à partir de 55 des 90 volcans situés le long de l’arc insulaire des Kermadec localisé au sud de la Nouvelle-Zélande et filant jusqu'à l'archipel des Tonga.

L’objectif en Méditerranée et l’arc Eolien, une chaîne quasi circulaire constituée d’environ une douzaine de volcans sous-marins au nord de la Sicile. Le projet mettra particulièrement en lumière la géologie marine de cette région, qui n’est toujours pas bien comprise à ce jour.


Map_volcanoes_TyrrhenianSea

Les sommets des volcans sous-marins de l’arc Eolien culminent de 100 m. à 2000 m. au-dessus du fond de la Mer Tyrrhénienne. Les chercheurs collecteront des échantillons d’eau sur chaque site volcanique. Par ailleurs, leur vaisseau remorquera un équipement sophistiqué destiné à localiser les panaches des fumeurs noirs qui sont émis par les évents crevant le plancher océanique.

logo_scoop

lave_be

Nouvelle adresse URL : www.lave.be

09:46 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : hydrothermalisme, arc eolien |  Facebook |

15/10/2007

Noces de feu à Vanuatu

Noces de feu à Vanuatu Mort de rire

Yasur_mariage


Vous rêvez d'un mariage original ? Nous vous invitons à effectuer une petite escapade au sommet du Yasur, un volcan hyperactif de l'île de Tanna, à Vanuatu, où nous avons été témoins d'une union romantique et… explosive !

Se dire « oui » dans une mairie, un temple ou une église, c’est bien entendu merveilleux quand on s’aime. Avouez que ça manque quand même un peu de piquant. Le cortège de voitures qui klaxonnent bruyamment à la sortie, la soirée, souvent aussi chère qu’ennuyeuse, la liste de cadeaux, les sourires de circonstance, tout cela a même parfois un petit côté ringard.

Volcan actif, mariage officiel

Matthew French, 33 ans, et Karen Smith, 35 ans, deux Australiens vivant dans la banlieue de Sydney, ont pour leur part décidé de briser les « tabu » en organisant leur union à Vanuatu, qui plus est sans prévenir personne, même pas leurs parents respectifs. Leur idée ? Se marier le plus officiellement du monde, avec pasteur et officier d’État civil, au sommet d’un volcan actif, hyperactif même, le Yasur, crachant gaz et lave au sud de l’île de Tanna.
Les deux tourtereaux se sont envolés d’Australie pour atterrir, via Brisbane, à Port-Vila (capitale de Vanuatu), avant de rejoindre Tanna par Air Vanuatu. Là, ils ont été reçus par la direction de l’hôtel White Grass, qui organise l’intégralité de la cérémonie.
La montée au volcan se fait en 4x4 (deux heures de piste), l’ultime ascension se faisant à pied, en pente douce, sur environ 200 m de distance, en suivant un sentier bien tracé (on ne s’enfonce pas dans les cendres).

Gaz, vapeur et projection de lave

Au sommet, c’est évidemment le choc, car le Yasur ne fait pas semblant de s’activer : il émet en permanence des nuages de gaz, pas trop toxiques tout de même, énormément de vapeur d’eau, et il crache violemment de la lave ; soit le jet est de puissance modérée, mais très répété (toutes les deux ou trois secondes), soit cette lave expulsée bouche, en retombant, l’orifice et le volcan, pendant deux ou trois minutes, n’émet que des sifflements annonciateurs d’une spectaculaire explosion.
Les bombes volcaniques rouges tournoient alors dans le ciel bien au-dessus de la tête des spectateurs, mais le volcan, bon prince, oriente ses émissions de manière à ne pas les bombarder (enfin, pas trop souvent ; un guide nous a précisé que certains jours de grosse colère volcanique, le belvédère d’observation était sous le feu du monstre ; dans ce cas, un repli stratégique s’imposait).
En cet après-midi du 23 juillet 2007, le Yasur étant « normalement déchaîné », le mariage de Matthew et de Karen a pu se dérouler le plus normalement du monde ; c’est le pasteur David Ni Jai (de l’église presbytérienne de Tanna) qui a procédé à l’union, avec Willie Niere (secrétaire provincial de la région de Tafea à Tanna).

Explosions à répétition

A chacun des « yes » des deux jeunes mariés, le volcan a répondu, en écho, par une explosion très forte et très audible aussi, ajoutant à l’atmosphère romantico-extravagante de cette réunion un rien surréaliste.
Une autre explosion salua ce double « yes » : celle d’un bouchon de champagne français, qui est allé atterrir dans le cratère fumant, tandis que le couple trinquait à son bonheur. En toile de fond, les nuages d’un Yasur, visiblement tout excité par cette cérémonie, enveloppait la mariée et son époux, visiblement ravis de cette atmosphère. Ils nous ont promis que leur relation de tous les jours serait tout de même moins explosive que ne le fut cet après-midi, où le blanc immaculé de la robe de Karen tranchait avec l’univers de cendres noires formant le cône volcanique du Yasur.
Si l’aventure vous tente vous aussi, il vous suffit de prendre vos dispositions avec l’hôtel White Grass. Robin, sa dynamique directrice, est à votre disposition.

lave_be_sm

10:16 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anecdotes, volcans |  Facebook |

26/07/2007

Une éruption a permis la localisation de 3 réservoirs magmatiques au Piton de la Fournaise (île de la Réunion, France)

Identification de 3 réservoirs magmatiques au Piton de la Fournaise (île de la Réunion, France)

Grâce à “l’éruption du siècle” de 1998, trois réservoirs de magma identifiés

- 1 Le mois de septembre 1996 marque en quelque sorte le réveil du volcan, endormi depuis 1992 : l’essaim de séismes profonds localisés à 15 kilomètres sous la zone plaine des Sables-hauts de la rivière des Remparts traduirait « le début d’une réalimentation profonde du système d’alimentation de la Fournaise, préparant ainsi la période d’activité initiée en 1998 ».

- 2 Le 6 mars 1998, débute « une crise sismique profonde ». « Cette sismicité, migrant progressivement de 7,5 km à 2,5 km de profondeur sous le sommet du volcan, fut interprétée comme soulignant la réalimentation d’un réservoir superficiel. »

- 3 Etonnamment, depuis 2001, et contrairement aux volcans basaltiques qui « respirent » au rythme de leur activité, le sommet du piton de la Fournaise ne gonfle pas spectaculairement avant et ne dégonfle plus sensiblement après chaque éruption, faisant naître l’idée d’un état de surpression permanent de ce réservoir superficiel estimé de petite dimension. Par ailleurs, l’ampleur des déformations du sommet (sous la pression du magma qui se met en place) n’est pas en corrélation avec les volumes de lave émis, beaucoup plus importants que ce que la faiblesse des déformations pourrait suggérer. D’où l’idée de l’implication d’une deuxième source de magma plus profonde, que la chercheuse localise à 7,5 km de profondeur, en relation avec la sismicité. Les cycles éruptifs qu’elle décrit (une succession de 3 à 4 éruptions en moins d’un an comme en 2001-2002, mai 2003-janvier 2004, mai 2004-février 2005, octobre 2005-décembre 2005, juillet 2006-avril 2007) commencent par des éruptions en région sommitale (cratère Dolomieu) ou latérale proche (au pied du cône terminal), mettant en jeu de faibles volumes de lave.

Une connexion permanente

Les données sismiques permettent de dire qu’elles se déclenchent à partir d’une zone située entre 500 et 800 m au-dessus du niveau de la mer, pouvant correspondre à une rupture dans le « toit » d’un réservoir d’un volume estimé à 0,3 km3. C’est à cette altitude que la chercheuse voit apparaître la racine des « dykes », fractures provoquées dans l’édifice du volcan par le magma sous pression qui s’y infiltre pour gagner progressivement la surface, en quelques dizaines de minutes ou quelques heures. Après l’éruption, le gonflement du sommet reprend, « révélant une poursuite du stockage magmatique ». Entre alors en jeu un autre élément : l’instabilité du flanc est du volcan. Adossée à l’ouest au massif du piton des Neiges, la Fournaise affiche en effet une propension à glisser vers l’est, comme en témoignent en mer les traces d’un effondrement géant survenu il y a environ 4 500 ans. Les injections de magma répétées dans la zone centrale du sommet accentuent ce phénomène, le flanc libre du volcan se déplaçant de plusieurs mètres à l’est chaque décennie. Cette instabilité favoriserait des éruptions sur le flanc oriental, selon Aline Peltier.

 

Les éruptions facilitées

Enfin, les éruptions survenant nettement plus loin du sommet (« distales », comme celle d’avril 2007) et en fin de cycle, caractérisées par des débits importants, « seraient la marque d’une remontée rapide de magma », « favorisant là encore la déstabilisation du flanc est et une rupture préférentielle à l’est du réservoir superficiel ». La capacité des conduits dans lesquels circule le magma à rester « chauds » et « relativement bien ouverts » semble établie, expliquant les successions d’éruptions sommitales (ainsi l’éruption « surprise » d’août 2006 dans le Dolomieu, précédée d’une dizaine de séismes seulement, est survenue quinze jours après l’arrêt de l’éruption précédente, dans une zone propice car déjà fortement fracturée) tout comme la réalimentation continue et silencieuse (« asismique ») du réservoir superficiel.

logo_clicanoo
 
lave_be_sm

12:46 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : piton d ela fournaise, reunion, reservoir magmatique |  Facebook |

23/07/2007

Origine (profondeur) de l'activité strombolienne

Origine du mécanisme gazeux menant à l'activité strombolienne.

La composition des gaz magmatiques révèle la profondeur du lieu où se forment les bulles gazeuses conduisant à l'activité explosive strombolienne.
L'activité éruptive de type strombolien, commune sur de nombreux volcans, consiste en des explosions régulières induites par l'éclatement de bulles gazeuses qui remontent plus rapidement que le magma environnant.
Les secousses d'explosion associées à l'activité strombolienne sont généralement localisées à faible profondeur. Toutefois, où et comment les bulles se forment réellement restent peu compris. Des scientifiques ont utilisé des mesures spectroscopiques réalisées durant des phases de calme et d'activité explosive sur le volcan Stromboli (Sicile, Italie) afin de démontrer que les nucléations gazeuses ont une origine assez profonde, c'est-à-dire à l'interface séparant la structure volcanique de la croûte, soit à environ 3 km sous la surface. C'est là que les discontinuités structurales ainsi que la vitesse différentielle de remontée des bulles est susceptible de favoriser l'initiation d'un processus de coalescence gazeuse.

Les résultats de cette étude suggèrent que les bulles se forment au niveau du plancher fissuré du volcan et se regroupent, à l'image des bulles d'un soda, avant de pétiller à la surface. 

Le découplement observé entre la genèse des bulles profondes et superficielles (250 mètres) des secousses d'explosion peuvent être un trait commun
de l'activité strombolienne. Il est déterminé principalement par la géométrie des systèmes de conduites volcaniques souterrains.

logo_science-aaas_113x60

lave_be_sm

09/07/2007

Les volcans peuvent être dangereux ...

Les dangers cachés des volcans...

 

Ces derniers jours, deux évènements dramatiques sont revenus rappeler que les volcans peuvent être dangereux. Ces accidents récents survenus d'une part sur l'un des deux volcans actifs de la République Démocratique du Congo (le Nyiragongo au Kivu) et d'autre part au sommet du volcan Salak (île de Java en Indonésie) soulignent qu'un volcan, même calme, peut être source de tragédie humaine.

 

Une chinoise tombe dans un volcan

 

Une touriste chinoise s'est tuée vendredi en tombant dans le cratère du volcan Nyiragongo, près de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo. Cecilia Cheng Siuyan était montée sur le bord du cratère pour prendre des photos lorsqu'elle a glissé et fait une chute de plus de cent mètres. Son corps sans vie, qui repose sur une corniche au-dessus du lac de lave, n'a pu être récupéré, a précisé samedi Célestin Kasereka, directeur de l'observatoire vulcanologique de Goma. Une vingtaine de casques bleus indiens de la Monuc, la force des Nations unies en RDC, et le vulcanologue Jacques Durieux tentent d'atteindre le corps. En janvier 2002, une éruption du Nyiragongo avait fait 147 victimes et détruit en partie Goma.

 

Source : http://www.lejdd.fr

 

Six adolescents tués par les gaz toxiques d'un volcan indonésien

 

Six lycéens qui campaient sur le flanc d'un volcan indonésien ont été tués par les fumées toxiques s'échappant d'un cratère, et plusieurs autres ont été incommodés, a déclaré un médecin hospitalier dimanche. Les victimes âgées de 14 à 16 ans passaient le week-end avec un groupe d'une cinquantaine d'élèves à 2.180m d'altitude, sur le volcan Salak situé au sud de Djakarta, dans le centre de l'archipel. Ils sont morts samedi, a précisé le Dr Jusuf Fauzan, de la ville voisine de Bogor. Les familles ont refusé que les corps soient autopsiés.

Escalader les volcans peu actifs est un loisir populaire en Indonésie, où l'on compte plus de volcans actifs que dans aucun autre pays.

Source : AP

 

lave_be_sm

10:52 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : danger des volcans, gaz, effondrement, cratere |  Facebook |