21/06/2007

Nouvelle méthodologie pour la surveillance des volcans

Nouvelle méthodologie de surveillance utilisée au volcan Soufrière Hills (Montserrat) : le scanner laser 3D.

Laser scanner models volcanic activity on the Caribbean Island of Montserrat. 

La cartographie 3D au laser vient d’être utilisée pour la première fois dans le cadre de la surveillance du volcan Soufrière Hills par le "British Geological Survey" (B.G.S.). Cet appareillage de système de mesures (LPM-2K)  a été utilisé sur ce volcan pour réaliser un modèle de terrain 3D détaillé et pour effectuer l’analyse des mesures par comparaison à une ligne de référence. Le Riegl LPM-2K, support de la cartographie laser 3D, fournit une solution fiable et robuste permettant la détection fine des mouvements du sol aussi bien à long (mouvements lents) qu’à court terme (mouvements rapides).

Lee Jones, ingénieur géologue du Service Géologique Britannique (B.G.S.), est en charge de cet appareil au M.V.O.. Etant donné que la morphologie du dôme volcanique sommital se modifie rapidement avec un débit de lave extrudée de 4-10 m3/sec, l’évolution morphologique du dôme peut, à présent, grâce à cet appareillage, être surveillée au moyen de la collecte de milliers de mesures précises (à l’échelle du mm) effectuées chaque jour.

Le Riegl LPM-2K est spécifiquement destiné à collecter des données en procédure aussi bien automatique que manuelle à des distances de plus de 2,5 km. Combiné avec un GPS afin de géoréférencer les mesures, l’unité est capable de réaliser 4 lectures par seconde avec une résolution de 10 mm et une précision généralement de 50 mm.

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Sur ce blog, lisez l'historique & visionnez des photos de cette éruption qui a débuté en juillet 1995 et qui se poursuit aujourd'hui ...
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20/06/2007

 Nouvel épisode effusif au Kilauea (Hawai, USA)

Kilauea (Big Island of Hawai, USA)

  Des photos de la nouvelle zone éruptive & du cratère du Pu'u O'o ont été mises en ligne par le H.V.O.

A noter que la morphologie du fond du cratère du Pu'u O'o a été bouleversée suite à cette nouvelle crise éruptive. Le plancher du cratère du Pu'u O'o et des parties du flanc ouest du Pu'u O'o se sont effondrés de plus de 20 mètres. Par ailleurs, les scientifiques du H.V.O. ont mesuré des concentrations de SO2 extrêmement élevées au sommet du volcan dans une large zone proche du cratère Halema`uma`u (cratère puits central perçant la caldera sommitale du Kilauea). Les concentrations de ce gaz sont plus de 10 plus élevées que celles du seuil menant à la fermeture des centres de visiteurs du Parc (voir la page des mesures de la qualité de l'air dans le Parc). Lire les effets sur les populations des hautes concentrations de ce gaz (> 10-15 ppm) dans les zones volcaniques.

Suite à la récente activité sismique inhabituelle dans la zone sommitale du volcan Kilauea (lire ci-dessous), le magma a finalement surgi dans la partie supérieure du rift oriental de ce volcan bouclier. Tôt dans la matinée du 19 juin,  les scientifiques de l’USGS (H.V.O.) ont confirmé la présence d'une petite émission de lave issue d’une fissure, longue de 250 mètres, située dans la forêt au NE de Kane Nui o Hamo, environ 6 km à l’ouest du cône Pu’u O’o et 13 km du sommet au SE du sommet du Kilauea. C'est l'épisode 56 de l'éruption en cours depuis 1983. Les scientifiques ont déclaré que l'éruption pourrait être associée à une migration brutale des épicentres sismiques dans cette zone entre 15h45 et 17h00. Les experts pensent que le magma, qui coule habituellement vers la zone du Pu’u O’o et de là vers la mer, de l’éruption en cours depuis 1983, a été bloqué ou détourné depuis dimanche matin et est à présent en train de se déverser dans la partie supérieure du rift est du volcan. A signaler qu'aucune incandescence n'a été détectée dans le cratère du Pu'u O'o durant la nuit dernière et qu'aucune coulée active n'est visible en surface sur le champ lavique.Les niveaux de "tremor" sismique (séismes d'origine volcanique), indicateurs du mouvement souterrain du magma, a également diminué pendant la nuit dernière. Les données des récepteurs GPS, disposés à proximité du cratère Makaopuhi et de Kane Nui o Hamo, continuent à indiquer une phase d'extension au travers de la zone du rift ; les données préliminaires indiquent un élargissement total de près de 95 cm.

 Kane Nui o Hamo est un évent bouclier préhistorique égueulé vers la partie basse du rift oriental et situé à l'est du cône Pu'u Huluhulu. Son flanc SO s'est effondré il y a 500 ans pour former le cratère puits Makaopuhi.

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Chronologie de l'éruption actuelle du Kilauea
 
1983 : l'éruption actuelle du Kilauea a débuté le 3 janvier, 1983, avec une série de fissures longues de plusieurs km à l'est de la caldeira du Kilauea sur ce qu’on appelle la zone du rift (zone d’extension) oriental. L'éruption a commencé par édifier le cône de scories du Pu'u 'O'o.

1986 : l'éruption a migré vers les basses pentes du sommet du Kilauea. Pendant plus de cinq années, la lave s'est déversée du Kupaianaha, cône bouclier secondaire. Pendant cette période, la lave a enseveli les communautés de Kalapana et les jardins royaux de Kapa'ahu en 1990.

1991-92 : au début de novembre 1991, des fissures se sont ouvertes entre le Kupaianaha et le Pu'u 'O'o et, en quelques mois, le Kupaianaha a cessé son activité. L'activité s'est déplacée de nouveau vers le Pu'u 'O'o au début de 1992. Depuis lors, pendant la plupart du temps, la lave a coulé de ce cône ou de bouches secondaires adjacentes.

1997 : en janvier 1997, la production de lave au Pu'u 'O'o a chuté, ce qui a entraîné l’effondrement du plancher du cratère et d’une partie de la paroi du cône ("Western Gap"). Dans le même temps, des fissures se sont ouvertes et de la lave a jailli, plus haut, à proximité du cratère Napau. Mais cette activité a duré seulement environ un jour.  Durant trois semaines, il n’y a pas eu de lave fraîche sur les flancs du Kilauea. Ensuite, le Pu'u 'O'o a repris son activité.

1999 : un essaim des tremblements de terre et une large déflation étaient censés accompagner un mouvement de magma dans la zone supérieure du rift oriental – processus semblable à ce qui s'est récemment produit. Le détournement du magma dans des fractures souterraines est, pense-t-on, responsable d'un arrêt de l'éruption pendant 11 jours. Ensuite, l'écoulement de lave à partir du Pu'u 'O'o a recommencé et l'éruption a repris une nouvelle fois.

2007 : l'activité actuelle semble à nouveau suggérer l’existence d’un blocage dans l’écoulement du magma alimentant le Pu'u 'O'o. Le magma a surgi dimanche et, lundi, a été comprimé  dans des fractures, profondes de un à trois km, entre les cratères Pauahi et Makaopuhi. Hier, 22 juin, en fin d’après-midi, aucune lave n'avait atteint la surface près de cet emplacement.

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08:46 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kilauea, hawai, coulee de lave, deflation, extension, rift, tremor |  Facebook |

19/06/2007

Possible nouvelle émission lavique au Kilauea (Hawai, USA).

“Quakes could be sign lava is about to spew from Hawaii volcanoes”

Des secousses sismiques pourraient être le signe d’une possible future  émission lavique sur les volcans d’Hawaii .

 

June 18, 2007

par KEVIN DAYTON

“HONOLULU ADVERTISER”

 

 

Des centaines de petits séismes indiquent que du magma est en train de se déplacer  sous la surface du volcan Kilauea. Ce phénomène a mobilisé les scientifiques et les officiels du Parc national des Volcans d’Hawai durant le dernier week-end. La conséquence immédiate a été la fermeture de la plus grande partie du Parc. Les essaims de séismes ont démarré dimanche à 2h15 et plus de 260 secousses enregistrées en 17 heures. Neuf autres ont été signalés sur la Grande Ile (Big Island) et en mer lundi entre minuit et 4h00 . Les plus puissants ont atteint une magnitude de 3,2 selon les données du H.V.O. (Hawaiian  Volcano Observatory).

 

Onze campeurs et leurs  provisions ont été évacués de plusieurs zones du Parc étant donné que les rangers ont détecté une activité sismique inhabituelle témoignant d’une modification de l’éruption du Kilauea (qui a débuté en janvier 1983). Des fissures récentes ont été signalées à proximité de la route.


Une ranger du Parc, Lane Mardie, a déclaré que, pour la première fois depuis 1999, l’activité sismique, causée par un mouvement souterrain de magma, a poussé le Parc à adopter de telles mesures de précaution.

C’est comme si le rift s’était élargi quelque peu, probablement suite à un mouvement de magma. Les tremblements de terre accompagnent ce mécanisme a déclaré Jim Kauahikau, scientifique au H.V.O.

Steve Brantley, scientifique au H.V.O., a déclaré que l’épicentre des séismes était situé à environ un mile (1600 mètres) au SO du Mauna Ulu, mais que durant la journée, le centre de gravité de l’activité sismique avait migré à environ 3 miles (4,8 km) vers les secteurs plus bas du rift oriental en direction du cône de scories du Pu’u O’o, où se situe la source de l’éruption en cours.

Dans le même temps,  la zone sommitale du Kilauea a commencé à connaître un phénomène de déflation ou à se contracter, un autre indice que le magma est en train de migrer sous le sommet vers d’autres zones du volcan.

En conséquence de cette activité sismique anormale, la route, longue de 18 miles (29 km), de la Chaîne des Cratères, par laquelle les visiteurs du Parc accèdent à l’endroit où les coulées entrent dans l’Océan, a été fermée.

Avec ce possible nouveau mouvement de magma, Lane a déclaré que la lave pourrait surgir n’importe où, coupant des routes et chemins, et libérer des gaz  toxiques ou provoquer des incendies de broussailles susceptibles de menacer les visiteurs.

Selon Brantley, bien que le centre de gravité de l’activité sismique se soit déplacé vers les basses pentes dimanche passé, la route de la Chaîne des Cratères et d’autres zones basses plus lointaines des épicentres sismiques pourraient être à risque.

Selon Kauahikaua , le scénario le plus dramatique serait une sortie de lave à proximité du Mauna Ulu. La meilleure hypothèse, bien sûr, serait que le magma se maintienne dans les profondeurs du rift est. 

 

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Cliquez sur le logo ci-dessus pour lire l'histoire de la plus longue éruption effusive des temps modernes (< 01/1983)

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09:43 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kilauea, hawai, eruption fissurale, crise sismique |  Facebook |

15/06/2007

La prédiction des éruptions volcaniques est-elle possible ?

La prédiction des éruptions volcaniques est-elle possible ?

 

Des scientifiques japonais déclarent qu’ils pourraient avoir découvert une méthode afin de prédire les éruptions volcaniques. Pour la première fois, ils ont pu réaliser avec succès des photographies aux rayons X de l’intérieur d’un cratère actif.

Les chercheurs des universités de Nagoya et de Tokyo ont été capables de sonder l’intérieur du cratère du Mont Asama Yama, situé dans la préfecture de Nagano au Japon, en utilisant un type de particules élémentaires appelé « muons », qui pleuvent littéralement sur l’atmosphère terrestre.

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Ils déclarent que les images, qui indiquent comment le magma circule (monte et descend) sous la surface terrestre, pourraient permettre aux scientifiques d’établir la probabilité d’une autre éruption.

Le groupe de scientifiques a capturé sur des plaques photographiques des muons issus du rayonnement cosmique passant par la montagne afin de créer, de cette manière, des images de l’intérieur du volcan. La radiographie du rayonnement cosmique peut être conduite au moyen d’un équipement portable bon marché, ce qui permet aux scientifiques de le tester partout.

Hiroyuki Tanaka, jeune chercheur à l’Institut de Recherche Sismologique de l’université de Tokyo, et Toshiyuki Nakano, professeur assistant à l’university de Nagoya, ont disposé des plaques photographiques sur le bord oriental du cratère du Mont Asama Yama pendant trois mois, à compter d’août 2006.

Les chercheurs ont étudié les quantités de muons ou µ muons capturés par les plaques. Les muons des rayons cosmiques frappent la terre en permanence. Les muons de haute énergie peuvent pénétrer la roche solide jusqu’à plus de 1 km de profondeur. Toutefois, plus la couche de roche est épaisse, moins les muons y pénètrent.

En mesurant la direction et le nombre de muons passant par le volcan, les scientifiques peuvent sonder la forme et la densité de l’intérieur d’un volcan.

Le groupe a découvert que le plancher du cratère était remonté et qu’il y avait une poche de magma consolidé de haute densité posée sur le fond. Les membres ont aussi découvert une cavité sous le magma solidifié.

La montagne haute de 2568 mètres surplombe la ville de Karuizawa dans la préfecture de Nagano et le village de Tsumagoi dans la préfecture de Gunma. Le Mont Asama Yama est un exemple de volcan de type vulcanien, dans lequel les gaz chargés en cendre explosent en réouvrant le cratère précédemment fermé par un bouchon de magma refroidi et solidifié. Les éruptions sont caractérisées par des violentes explosions qui éjectent des nuages denses de cendres et de débris.

Les chercheurs, étudiant les tremblements de terre, ont supposé qu’une partie du magma chaud, qui montre et redescend rapidement dans les chenaux volcaniques, comme si il était aspiré vers les profondeurs, s’effondre après l’explosion, laissant une cavité lacunaire.

NB : par analogie, le même processus prend place au cours de la  formation de calderas/cratères-puits après que la chambre magmatique du volcan ait été complètement ou en partie vidée. L’émission du magma à la surface laisse une cavité dans la chambre magmatique qui finit par provoquer l’effondrement des couches rocheuses sus-jacentes aboutissant à la formation d’une grande dépression d’effondrement appelée caldera ou puits d'effondrement. C'est par exemple le cas sur les volcans boucliers tels que ceux d'Hawai (Kilauea & Mauna Loa) ou, actuellement, au cratère Dolomieu du Piton de la Fournaise (trônant au sud de l'île de la Réunion) Dans ce cas, il n’y a pas de succion/aspiration du magma vers le bas mais uniquement un processus de vidange du magma vers la surface.

Jusqu’à présent, toutefois, il n’y avait pas de possibilité de visualiser le mécanisme afin de confirmer la théorie.

Tanaka a commenté : « la technologie pourrait être adaptée pour prédire la vraisemblance d’une éruption en vérifiant le mouvement vertical du magma. On pourrait ainsi évaluer le danger d’une autre future éruption. »

Les chercheurs ont aussi mené un essai similaire au Showa Shinzan, un dôme de lave qui a surgi de terre après l’éruption du Mont Usu en 1943.

Les chercheurs sont à présent en train d’étudier les résultats sur ce volcan.(IHT/Asahi: June 14,2007)

NB: le muon est, selon le modèle standard de physique des particules, le nom donné à deux particules élémentaires de charge positive et négative. Les muons ont une masse 207 fois plus grande que celle de l'électron (105,6 MeV) et possèdent un spin 1/2. Les muons, tout comme les électrons, appartiennent à la même famille de fermions, les leptons. Les muons sont notés μ- ou μ+ suivant leur charge électrique.

Sur Terre, les muons sont produits par la désintégration de pions chargés. Les pions sont créés dans la haute atmosphère par des rayons cosmiques et ont un temps de vie faible (quelques nanosecondes). Cependant, les muons ont une grande énergie, ainsi l'effet de dilatation temporelle décrite par la relativité restreinte les rend observables à la surface de la Terre

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09:53 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eruption, prediction, japon, asama, muon |  Facebook |

14/06/2007

L'île la plus récente sur terre ...

Le dernier lieu sur terre à émerger des flots...

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La mer bouillonnant et dégazant, la vapeur s’élève et les roches crépitent dans les airs. Lentement, un monticule commence à émerger des flots et, en quelques jours, une nouvelle île était née. Cela ressemble à un évènement évoqué dans le livre de la Genèse, mais c’est bien ainsi que l’île la plus neuve au monde émergea de l’Océan Pacifique.

 

Le 9 août 2006, des yachts croisant aux environs de l'archipel des îles Tonga ont signalé une éruption sous-marine au « Home Reef », situé au sud de l’ïle Late. Trois jours plus tard, l’équipage d’un yacht norvégien, le « Maiken », signala la présence d’une île non reportée sur les cartes marines. S’étendant sur environ 1,5 km, l’île était couronnée par un énorme panache de vapeur et la mer était couverte, sur une grande surface, de débris flottants de pierres ponces (dacitques) éjectées par l’éruption.

 

A la mi-octobre, les éruptions sur l’île cessèrent et son démantèlement débuta. C’est souvent le cas pour les nouvelles îles. Si la roche n’a pas le temps de consolider, les vagues emportent les matériaux rapidement vers le large. Le 8 décembre, un avion militaire néo-zéalandais réalisa la dernière photographie de l’île Home Reef et on constata que l'îlot avait été amputé de près de la moitié de sa surface.

 

Le volcan "Home Reef" a été signalé actif pour la première fois au milieu du 19ème siècle. A l'époque, une île éphèmère s'édifia ainsi au fil des éruptions. En 1984, une éruption a produit un panache haut de 12 km et a émis une grande quantité de ponces flottantes. L'éruption édifia une île éphémère de 500 x 1500 mètres où des falaises hautes de 30-50 m. entouraient un cratère rectangulaire rempli d'eau.

 

Home Reef n’était pas le premier volcan sous-marin à surgir à la surface de la mer. L’île de Surtsey fît de même en 1963 au sud des côtes islandaises, cette fois avec suffisamment d’énergie pour créer un élément géographique permanent. Néanmoins, ce ne sera pas la dernière île à surgir ainsi des flots. Dissimulée à moins de 10 mètres sous la surface de la Méditerranée, à 40 km des côtes méridionales siciliennes, s’élève le volcan sous-marin Empedocle. Sa dernière éruption date de juillet 1831 et produisit une île de 4 km2. Les Italiens (qui l’appelèrent Fernandinea), les Français (Julia), les Britanniques (Graham) et les Espagnols réclamèrent la souveraineté sur cette nouvelle île. Mais en janvier 1831, avant qu’ils puissent s’y installer, l’île disparût dans les flots. Il n'est cependant pas exclu qu'une nouvelle éruption puisse à nouveau la faire resurgir des flots.

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09:48 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : home reff, tonga, ponce, ile |  Facebook |

13/06/2007

 Comment le volcan islandais Laki a influencé le niveau du Nil

Comment le volcan islandais Laki a influencé le niveau du Nil

Les volcanologues savaient déjà que de grandes éruptions comme celles du Laki ou, plus récemment du Pinatubo avaient un impact temporaire sur le climat de notre planète. Des chercheurs ont analysé le niveau du Nil depuis l’an 622 à nos jours. Ils ont ainsi découvert que la catastrophe volcanique du Laki, coïncidait avec une variation peu commune des températures et des précipitations dans la région du Nil. Des faits similaires ont également été observés après l’éruption, en 1912, du Katmai (Alaska) ainsi qu’à la suite de celle de l’Eldgjá (Islande) en 939.

Pour valider l’existence d’un lien entre les deux événements, les scientifiques utilisé à un modèle numérique développé par le Goddard Institute for Space Studies de la NASA. Leurs résultats montrent que le Laki était bien responsable de plusieurs effets climatiques dans une grande partie de l’hémisphère nord, lesquels ont conduit à des précipitations anormalement basses en Afrique du Nord ainsi qu’à des crues niveaux records du Nil. Ce phénomène surprenant s’explique par les perturbations géochimiques provoquées par l’éruption du volcan (voir figure) : le Laki relâche alors de grandes quantités d’anhydride sulfureux dans l’atmosphère qui, au contact de la vapeur d’eau, donnent naissance à des aérosols. L’albédo augmente et la température baisse, entraînant une réduction de la différence de température entre les masses continentales Eurasiennes et Africaines et les océans Indien et Atlantique.

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La vie de nombreuses populations dépendant fortement des moussons, cette mise en évidence d’un lien de cause à effet entre un événement d’éruption volcanique et des perturbations dans les précipitations saisonnières permettra certainement de mieux prendre en considération l’impact d’épisodes volcaniques et leurs conséquences agroéconomiques à des milliers de kilomètres de là.

Brève proposée par E. Reiter

L'albédo est le rapport de l'énergie solaire réfléchie par une surface sur l'énergie solaire incidente. On utilise une échelle graduée de 0 à 1, avec 0 correspondant au noir, pour un corps avec aucune réflexion, et 1 au miroir parfait, pour un corps qui diffuse dans toutes les directions et sans absorption de tout le rayonnement électromagnétique visible qu'il reçoit.

Type de surfaceAlbédo (0 à 1)
Surface de lac0,02 à 0,04
Forêt de conifères0,05 à 0,15
Surface de la mer0,05 à 0,15
Sol sombre0,05 à 0,15
Cultures0,15 à 0,25
Sable léger et sec0,25 à 0,45
Glace0,30 à 0,40
Neige tassée0,40 à 0,70
Neige fraîche0,75 à 0,90

Lire l'article complet (en anglais) sur :

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09:01 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : laki, islande, nil, eruption, volcans |  Facebook |

03/05/2007

Photos récentes de Soufrière Hills (île de Montserrat)

Photos récentes de Montserrat (fin avril 2007) par Thierry SLUYS.

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Cliquez sur la photo de Thierry pour accéder à la page web de ce voyage incluant aussi des clichés de la Soufrière de la Guadeloupe.
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Cliquez sur la carte pour télécharger le fichier de localisation de Soufrière Hills dans "Google Earth".
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Bienvenue sur l'île volcanique active de Montserrat ! Malheureusement pour ses habitants, le volcan de Soufriere Hills s'est chargé de "salir" l'île.

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Le guide de Thierry...cool cool !!!

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L'ancienne capitale de l'île (Plymouth), aujourd'hui abandonnée, vue d'avion. La partie centrale de la ville a été ravagée à plusieurs reprises par des coulées pyroclastiques et des lahars (coulées de boue) qui ont atteint la mer. Un chenal couvert d'épais dépôts pyroclastiques gris, où se mêlent blocs gigantesques et troncs d'arbres, traverse la ville de part en part. Aujourd'hui,  Plymouth est appelée la "Pompei" moderne et on comprend pourquoi à la vue de cette photo.
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Les énormes dépôts pyroclastiques et de lahars vus d'avion (< SO). A gauche, on aperçoit Plymouth, l'ancienne capitale dévastée par une série de coulées pyroclastiques et de lahars dès juillet 1997.
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Soufriere Hills vu d'avion (du NE). A l'avant-plan, le lieu-dit de "Spanish Point" et à l'arrière-plan le nouveau delta de dépôts de la rivière Tar. Les dépôts éruptifs gris récents ont permis à l'île de récupérer quelques hectares sur la mer. La ligne de l'ancien rivage est marquée par la falaise abrupte, plus ou moins haute, visible à l'avant-plan. Au sud de la vallée de la rivière Tar, il n'y a pas eu d'écoulements pyroclastiques et/ou de lahars et, donc, la falaise côtière a été préservée.

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Les impressionnants dépôts pyroclastiques à l'embouchure de la rivière Tar, formant une morphologie en éventail. A droite, on distingue la partie haute de la falaise qui formait l'ancien rivage. NB: l'impression de forte déclivité est due à l'angle de prise de vue du cliché de Thierry.

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La partie la plus haute et la plus active du dôme de Soufrière Hills dégaze abondamment. Photo réalisée du lieu-dit "Jack Boy Point" situé près de l'observatoire volcanologique de Montserrat (M.V.O.)
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Le dôme dégazant de toutes parts vu de "Jack Boy Point" près du M.V.O..

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Gros plan sur le sommet du dôme actif (vu de "Jack Boy Point" près de M.V.O.).

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Versant abrupte du dôme "fumant". Le dôme de lave actif a atteint un volume jamais observé jusqu'à présent, environ 250 millions de m3.

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La désolation d'une ville abandonnée et couverte en grande partie de cendres grises. En haut à droite les premiers contreforts du volcan.

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Gros plan sur l'église principale de Plymouth.

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Les habitations du centre-ville sont presque ensevelies sous les épais dépôts successifs constitués de cendre, de boue aujourd'hui consolidée et de débris issus du dôme de lave sommital ou des pentes supérieures du volcan de Soufriere Hills. Une atmosphère lourde, magnifiée par la menace toujours bien réelle représentée par le volcan,  pèse sur cette ville désormais inhabitable pour une longue période.
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Végétation brûlée par les gaz corrosifs soufrés sur le flanc d'une des collines entourant le massif de Soufriere Hills.

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L'ancien aéroport de Montserrat détruit par une série d'écoulements pyroclastiques dès juillet 1997.

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Voir aussi sur ce blog les différents articles relatant l'éruption de Soufrière Hills de Montserrat.

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10:19 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : montserrat, soufriere hills, plymouth, caraibes |  Facebook |