12/01/2008

Un volcan chilien, le Llaima, injecte une importante quantité de dioxyde de soufre dans l'atmosphère.

Un volcan chilien, le Llaima, injecte une importante quantité de dioxyde de soufre dans l'atmosphère. 

A côté de la cendre et de la vapeur d'eau, le Llaima a également libéré dans l'atmosphère un important panache de dioxyde de soufre. Celui-ci s'est déplacé vers l'Est en se dispersant. Le 4 janvier, soit 3 jours après le début de l'éruption, le nuage soufré est passé au-dessus de l'archipel de Tristan da Cunha, situé dans l'Atlantique Sud. L'image ci-dessous a été acquise par l'instrumentation de détection "OMI" embarqué sur le satellite AURA de la NASA. Elle montre la progression du nuage du 2 au 4 janvier 2008. L'OMI mesure la quantité totale de SO2 présent dans la colonne gazeuse qui est exprimée en Dobson. Si on comprimait tout le SO2 d'une colonne atmosphérique dans une couche plane à la température de 0°c et sous la pression d'une atmosphère, une unité Dobson de SO2 mesurerait une épaisseur de 0,01 mm et contiendrait 0,0285 gr. de SO2 par m2.

Le SO2 peut se combiner à l'eau pour former un aérosol d'acide sulfurique (H2SO4) doté d'un pouvoir réfléchissant élevé. Étant donné que cette brume acide réfléchit les rayons solaires en les éloignant de la terre, une éruption substantielle, comme celle du Mt Pinatubo en 1991, peut causer un effet de refroidissement sur la planète. Les résultats des mesures "OMI " signalent que l'éruption du Llaima a produit trois ordres de grandeur en moins (soit 1000X  moins) de SO2 que celle du Pinatubo, et ne devrait donc pas avoir un impact significatif sur le climat à grande échelle.

Un total de 16.000 tonnes de SO2 aurait ainsi été émis dans l'atmosphère au cours de cette éruption.

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 Sur cette image, la couleur rouge est associée aux concentrations les plus élevés de dioxyde de soufre (SO2) alors que le rosâtre indique les plus basses concentrations ("Earth Observatory NASA").

09:55 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dioxyde de soufre, llaima, chili, omi |  Facebook |

10/04/2007

L'éruption explosive la plus longue des temps modernes; volcan Soufriere Hills sur l'île de Montserrat; 6ème partie

L’éruption d’un volcan gris (type explosif) la plus longue de l’histoire des temps modernes (près de 12 ans); Soufriere Hills sur l’île de Montserrat (archipel des Petites Antilles; Caraïbes).

6ème partie : de 2006 à aujourd'hui.

(d'après le descriptif, en anglais, de l'activité éruptive publié par le M.V.O.)

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Carte topographique de la partie sud de Montserrat.

 

En janvier 2006, l’ensemble du dôme continue à croître sur une large zone s’étendant du SO au NE, des aiguilles de lave sont observées dans la partie centrale et SE du dôme et des coulées pyroclastiques dévalent la vallée de la Tar mais ne parviennent pas jusqu’à la mer.

Au début de février 2006, l’extrémité méridionale du dôme est plus haute que son extrémité nord et toutes les aiguilles se sont effondrées. Le 10 février démarre une phase de rapide croissance du dôme (> 10 m3 /s initialement, décroissant avec le temps). Un très vigoureux et bruyant dégazage associé à un tremor spasmodique précède l’apparition d’un petit lobe lavique sombre sur le côté ouest du dôme de lave, occupant le vide situé entre le dôme de lave et le cratère NO. Fin février, le volume du dôme atteint 50 millions de m3 et des coulées pyroclastiques, se déversant dans la vallée de la Tar, sont générées suite à l’effondrement d’une aiguille de lave qui s’était mise en place quelques jours auparavant dans la zone centrale du dôme lavique. Début mars 2006, un très vigoureux dégazage a été vu sur le côté ouest du dôme de lave au-dessus de la vallée Gages. Vers le 20 mars, une augmentation du taux de croissance du dôme aux alentours de la région sommitale en direction de l’E et du NE est accompagnée de nombreuses avalanches rocheuses et de coulées pyroclastiques longues de 2 km dans la vallée de la Tar. Au début d’avril, des coulées pyroclastiques de taille modérée induisent une chute de cendres sur la partie occidentale de l’île. Peu après la mi-avril, la structure en dos de baleine, observée sur la partie du lobe lavique dirigée vers l’est, continue à grandir. Le 27 avril, les images thermiques signalent la présence d’un point chaud (> 400°c) sur les flancs est du dôme. Fin avril, des petites avalanches de roches et des coulées pyroclastiques continuent à être générées des flancs est du dôme, contribuant à remplir le haut de la vallée de la Tar. Le 11 mai 2006, le volume du dôme a atteint environ 80 millions de m3, avec une extrusion de lave jusqu’à avril qui a été estimée à 8 m3 /s en moyenne. Le 18 mai 2006, une large aiguille est observée dans la zone sommitale méridionale du dôme et atteint une altitude de 1006 m.

 

Le 20 mai 2006, un effondrement majeur de dôme survient. Le volume de lave emporté a été estimé à 90 millions de m3. La plupart de cette masse a été mobilisée en moins de trois heures. Le tremor/dégazage précurseurs ont débuté aux environs de 3h30 et les premières coulées pyroclastiques se sont produites aux alentours de 6h45. A 7h40, une explosion a donné naissance à un nuage de cendres qui a atteint quasi 17 km d’altitude, le plus haut nuage éruptif signalé depuis le début de l’éruption, il y a 10 ans. L’activité s’est fortement atténuée vers 9h00. Des blocs balistiques de plus de 35 cm de diamètre et pesant 15kg ont été trouvés dans les cratères des flancs NE du volcan. Des coulées pyroclastiques ont atteint la mer en générant un souffle ("blast") qui a envoyé des déferlantes en direction du NO vers le lieu-dit « Spanish Point » en brûlant la végétation. De violents dégazages et des émissions de cendres se sont produites dans la partie occidentale du cratère. Des vagues de tsunami ont été signalées à Antigua et à la Guadeloupe. Une grande partie du reliquat de dôme localisé au-dessus de la vallée Gages a été désintégré en laissant seulement deux piliers rocheux. D’importantes coulées de boue ont affecté tous les flancs du volcan ainsi que les pentes septentrionales de la zone de Centre Hills.

 

Le 23 mai 2006, un nouveau dôme de lave est observé dans le cratère et le sommet du dôme atteint 767 m. Le 2 juin, l’estimation du volume du dôme, à 11 millions de m3, permet de calculer un taux moyen d’extrusion depuis l’effondrement paroxysmal du 20 mai de 10 m3 /s. et, le 7 juin, le dôme atteint un volume de 20 millions de m3. Les 11, 12 et 17 juin, suite aux fortes pluies, des coulées de boue envahissent la vallée Belham et d’autres vallées entaillant les flancs du volcan. Episodiquement, des épisodes d’émission de cendres ont lieu. Pendant le mois de juin, le dôme a grossi a un rythme de 8 m3 /s pour atteindre un volume de 27 millions de m3.

Le 30 juin 2006, un effondrement partiel du dôme de lave commence à 12h55 et est précédé par un essaim de séismes LP qui avait débuté dans l’après-midi du 29 juin. Les coulées pyroclastiques ont atteint la mer via la vallée de la Tar. Le panache éruptif résultant s’est déplacé vers l’ONO en atteignant plus de 3500 mètres d’altitude. Le M.V.O. a estimé à 1-2 millions de m3 le volume de matériel mobilisé pendant cette phase mineure d’effondrement. Le 8 juillet 2006, un important signal indiquant des avalanches rocheuses accompagne un nuage de cendres qui atteint 1500 m. de haut et a été précédé, le jour avant, d’un essaim de 49 secousses LP. En juillet se produisent des coulées pyroclastiques dans la vallée de la Tar associées à des nuages de cendres et à des émissions et des retombées de cendres. Le 18 juillet 2006, le nouveau dôme a un profil asymétrique, avec une aiguille formée de blocs et atteignant 865 m. d’altitude. En août, une activité similaire se poursuit. Fin août, le flux de SO2 a atteint 1720 tonnes/jour alors qu’il est en moyenne de 500 t/j depuis le début de l’éruption et, le 31 août, la cote d’alerte est élevée au niveau 4 après que deux évents très bruyants et actifs se soient ouverts sur les flancs nord et ouest du dôme pour libérer vigoureusement de la vapeur d’eau et des cendres. Début septembre, de nombreuses coulées pyroclastiques et des avalanches rocheuses ont été clairement visibles sur tous les flancs du dôme de lave. Le 11 septembre, un grand lobe en relief développé sur le bord NE du dôme s’est effondré en générant une coulée pyroclastique dans la vallée de la Tar qui a presque atteint la mer. La croissance du dôme de lave et l’émission vigoureuse de cendre se sont poursuivies. Le 13 novembre, une intense activité pyroclastique a lieu dans la vallée de la Tar. Le 19 septembre, le volume du dôme de lave est estimé à 80 millions de m3, ce qui donne une extrusion lavique de 8 m3/s sur les deux derniers mois. Le 21 septembre, le niveau d’alerte est ramené au niveau 3. Le 9 octobre 2006, de fortes pluies ont généré des coulées de boue dans tous les drainages situés autour du volcan. Au début de novembre 2006, la croissance du dôme est focalisée sur le lobe, coupé vers l’est, situé sur la bordure NE du dôme sommital. Le dôme reste contenu dans l’enceinte du cratère au NO et déborde quelque peu vers le Goulets de Tuitt au NE. Plusieurs changements de direction dans la croissance du dôme sont observés jusque fin 2006. Le 24 décembre 2006, une émission de cendres est observée à un évent ouvert sur le côté ouest du dôme. A cette occasion, les nuages de cendre atteignent plus de 3500 mètres de haut et des petites coulées pyroclastiques circulent lentement, sur une distance de 500 mètres, dans le Goulet de Tyres. Durant les périodes d'obscurité, des avalanches rocheuses incandescentes sont clairement visibles sur un secteur allongé du NO à l’O et un épisode de tremor débute à 11h00 pour culminer entre 20h00 et 00h30 par un essaim de séismes LP. Ce regain d’activité induit l’élévation du niveau d’alerte de 3 à 4. Fin 2006, le volume du dôme est estimé à environ 200 millions de m3.

 

Le 3 janvier 2007, le dôme a surmonté le mur du cratère du nord au sud et à l’ouest. Une croissance notable du quadrant NO, à présent la zone la plus élevée du complexe de dômes, est observée. Le 4 janvier 2007, plusieurs coulées pyroclastiques dévalent la vallée Gages et dans le Goulet de Tyres. Le nuage de cendres atteint 2500 mètres de haut. Dans la vallée Gages, la longueur de la coulée pyroclastique, plus énergétique que dans la vallée de Tyres, a été estimée a environ 4 km. Le 7 janvier, on observe une forte activité pyroclastique avec 18 flots enregistrés dans les vallées de Tyres et de Gages. Le 8 janvier 2007, une activité explosive est audible à grande distance (3 évènements distincts sont enregistrés). Les coulées pyroclastiques descendent les vallées de Gages, de Tyres et en tête de vallée de la rivière Belham suggérant que la source des coulées pyroclastiques est haute sur la partie du dôme située derrière la Montagne Gages. A 6h45, la plus importante coulée pyroclastique jamais enregistrée jusqu’à cette date pénètre dans la vallée Belham et parcourt une distance d’environ 5 km. A 6h25, le sommet du nuage de cendres est signalé à plus de 9000 mètres d’altitude. Dans le même temps, des plus petites coulées pyroclastiques empruntent la vallée de Tyres sur des distances de 1 à 1.5 km. selon des pulses de 5 à 7 minutes qui ont duré 1h30. Pendant les 24 heures suivantes, une activité pyroclastique (Lcp=1,5 km) se poursuit dans la vallée Tyres. Finalement, cette activité n’a que peu soustrait de matériel au dôme. Le 14 janvier 2007, une coulée pyroclastique énergétique a dévalé le bord sud de la vallée de la Tar et s’est arrêtée près de la mer. Le 26 janvier, les observations indiquent que la cicatrice issue de l’activité du 8 janvier a été complètement colmatée. Le 7 février apparaît un nouveau lobe lavique sur le côté SO du dôme. Mi février, il y a un déplacement au niveau de la zone de croissance du dôme, du SO vers l’E. Il est associé à un épisode de séismes LP et accompagné d'une émission audible de cendres à partir d'un évent perçant le dôme. Les 22 et 23 février, il y a, à nouveau, une migration de la croissance du dôme de l’E vers le SO, ce qui provoque l’apparition d’une nouvelle galette de lave. A début de mars 2007, la croissance du dôme est à nouveau centrée sur la bordure nord du lobe oriental qui a été précédemment actif. Les 12 et 13 mars, une aiguille de lave, inclinée vers le NE, est observée sur le lobe est du dôme et disparaît le 14 mars.

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