05/04/2007

L'éruption explosive la plus longue des temps modernes; volcan Soufriere Hills sur l'île de Montserrat; 5ème partie

 L’éruption d’un volcan gris (type explosif) la plus longue de l’histoire des temps modernes (près de 12 ans); Soufriere Hills sur l’île de Montserrat (archipel des Petites Antilles; Caraïbes).

5ème partie : de 2004 à fin 2005.

(d'après le descriptif, en anglais, de l'activité éruptive publié par le M.V.O.)

En janvier et février 2004, le volcan est secoué par une série inhabituelle de séismes "longue période" (LP) de faible intensité/amplitude. Le 24 février, un épisode de coulées de boue (lahars) de 40 minutes se déroule principalement dans la vallée Belham mais aussi à Plymouth, après qu’il soit tombé 10 mm de pluie en 2,5 heures. Le 3 mars survient l’évènement le plus marquant depuis l’effondrement des 12 et 13 juillet 2003. Une explosion et un effondrement sur une durée de 10 minutes se produisent en début d’après-midi. Les nuages de cendres associés aux explosions ont atteint des altitudes d’environ 7 km. a.s.l.. Après cette phase d’effondrement, des coulées pyroclastiques ont été observées dans la vallée de la rivière Tar et elles ont atteint la mer à son embouchure en forme d’éventail au moins à deux reprises. Après 40 minutes d’activité, la sismicité s’est stabilisée à son niveau de fond alors que l’éjection de cendres s’est poursuivie pendant 18 heures. Les observations suggèrent que l’explosion a détruit le petit dôme qui avait grandi au sein de la cicatrice laissée par l’effondrement de juillet 2003. Une partie du reliquat NO du dôme de 1995-1998 s’est également effondré pendant cet évènement. Le 15 mars 2004, une période de tremor moyennement élevé est accompagnée par une émission de cendres et de gaz atteignant une hauteur de près de 2000 mètres dans l’après-midi et de 4500 mètres en soirée (22h45) avec des éclairs zébrant le ciel. Cette émission vigoureuse de cendre, accompagnée de tremor plus ou moins intense, s’est poursuivie en dents de scie jusqu’à fin avril. En mai, le volcan entre dans une période d’accalmie relative seulement interrompue le 21 mai par un épisode de lahars dans la vallée Belham, après de violentes pluies pendant deux heures. A cette occasion, des vagues de plus de deux mètres de hauteur ont été vues à l’endroit où se trouvait auparavant le pont de Belham. De fin juin à début juillet 2004, une légère augmentation du nombre d’évènements volcano-tectoniques a été enregistrée sur le volcan et, le 25 juillet, un nouvel épisode de coulées de boue se produit après d’intenses pluies. Le 4 août 2004, un petit étang est observé sur le plancher du cratère, dans le puits d’explosion produit par l’évènement explosif du 3 mars dernier. C'est la première fois que de l’eau stagnante est observée sur le volcan depuis le début de l’éruption, en juillet 1995. Les 14 et 15 septembre, des lahars sont générés suite aux violentes pluies accompagnant la tempête tropicale Jeanne. Du début août à la fin décembre 2004, le volcan enfle légèrement et reste calme. Des fortes pluies associées à la saison des pluies dans la zone Caraïbes sont suivies par une augmentation du nombre de séismes hybrides et de secousses volcano-tectoniques. La plupart de ces séismes sont très logiquement associés à l’activité fumerolienne et de vaporation. A chaque fois, plusieurs coulées de boue empruntent les vallées après de fortes pluies.

 

De mi février 2005 à mi mars 2005, le M.V.O. enregistre un flux élevé d’émission de dioxyde de soufre et un panache de vapeur est visible au-dessus du volcan. Les habitants d’îles voisines perçoivent l’odeur de soufre. A partir du 15 avril, après la survenue de 19 petites secousses volcano-tectoniques, des émissions de cendre et de vapeur débutent en faisant des bruits de moteur d’avion à réaction qui provennient d’un nouvel évent situé au NO du cratère et d’un autre sur le flanc nord du volcan. L’éjection de cendres à partir des évents est associée à un tremor. En mai et juin, le volcan est secoué par de petits séismes volcano-tectoniques. Le 15 juin, il se produit à nouveau une vigoureuse émission de cendres. Ces épisodes se poursuivent durant le mois de juin et sont associés à un tremor de faible amplitude. Le 28 juin 2005, en début d’après-midi, se produit une éruption explosive expulsant dans les airs un nuage de cendres jusqu’à 6000 mètres de hauteur. Des  coulées pyroclastiques dévalent jusqu’à la mer via la vallée de la rivière Tar (entaillant le flanc est du volcan) et parcourent le secteur supérieur du Goulet de Tyre. Le 3 juillet 2005 se produit une autre explosion avec des retombées de cendre au sud de Plymouth. A partir du 11 août 2005, un petit dôme de lave est vu pour la première fois sur le fond du cratère. Il a probablement commencé à croître dans la première semaine d’août. Sa croissance est lente jusqu'à la fin de septembre. En début d’octobre 2005, le taux d’extrusion de lave au nouveau dôme semble augmenter. Le 16 octobre 2005, un bref épisode d’émission de cendres a provoqué des chutes de cendre sur une partie de l’île. Le 26 octobre 2005, des séismes volcano-tectoniques d’intensité modérée ont déclenché une avalanche de roches et une coulée pyroclastique qui a parcouru 2 km dans la vallée de la rivière Tar. En novembre et décembre 2005, la croissance du dôme se poursuit sur tous ses flancs. La télécaméra, installée à la Montagne "Perches" signale la présence d’incandescence quasi continue sur les flancs est et sud du dôme, zone où la croissance du dôme est quasi continue. Le 15 novembre 2005, de nouvelles coulées pyroclastiques dévalent la vallée de la rivière Tar. Le même scénario se reproduit les 24 et 25 novembre avec des épisodes de faibles émissions de cendres et d’avalanches rocheuses associés à des signaux sismiques LP. La veille et le jour de Noël, un épisode de tremblements de terre hybrides clôture l’année 2005.

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