15/10/2007

Noces de feu à Vanuatu

Noces de feu à Vanuatu Mort de rire

Yasur_mariage


Vous rêvez d'un mariage original ? Nous vous invitons à effectuer une petite escapade au sommet du Yasur, un volcan hyperactif de l'île de Tanna, à Vanuatu, où nous avons été témoins d'une union romantique et… explosive !

Se dire « oui » dans une mairie, un temple ou une église, c’est bien entendu merveilleux quand on s’aime. Avouez que ça manque quand même un peu de piquant. Le cortège de voitures qui klaxonnent bruyamment à la sortie, la soirée, souvent aussi chère qu’ennuyeuse, la liste de cadeaux, les sourires de circonstance, tout cela a même parfois un petit côté ringard.

Volcan actif, mariage officiel

Matthew French, 33 ans, et Karen Smith, 35 ans, deux Australiens vivant dans la banlieue de Sydney, ont pour leur part décidé de briser les « tabu » en organisant leur union à Vanuatu, qui plus est sans prévenir personne, même pas leurs parents respectifs. Leur idée ? Se marier le plus officiellement du monde, avec pasteur et officier d’État civil, au sommet d’un volcan actif, hyperactif même, le Yasur, crachant gaz et lave au sud de l’île de Tanna.
Les deux tourtereaux se sont envolés d’Australie pour atterrir, via Brisbane, à Port-Vila (capitale de Vanuatu), avant de rejoindre Tanna par Air Vanuatu. Là, ils ont été reçus par la direction de l’hôtel White Grass, qui organise l’intégralité de la cérémonie.
La montée au volcan se fait en 4x4 (deux heures de piste), l’ultime ascension se faisant à pied, en pente douce, sur environ 200 m de distance, en suivant un sentier bien tracé (on ne s’enfonce pas dans les cendres).

Gaz, vapeur et projection de lave

Au sommet, c’est évidemment le choc, car le Yasur ne fait pas semblant de s’activer : il émet en permanence des nuages de gaz, pas trop toxiques tout de même, énormément de vapeur d’eau, et il crache violemment de la lave ; soit le jet est de puissance modérée, mais très répété (toutes les deux ou trois secondes), soit cette lave expulsée bouche, en retombant, l’orifice et le volcan, pendant deux ou trois minutes, n’émet que des sifflements annonciateurs d’une spectaculaire explosion.
Les bombes volcaniques rouges tournoient alors dans le ciel bien au-dessus de la tête des spectateurs, mais le volcan, bon prince, oriente ses émissions de manière à ne pas les bombarder (enfin, pas trop souvent ; un guide nous a précisé que certains jours de grosse colère volcanique, le belvédère d’observation était sous le feu du monstre ; dans ce cas, un repli stratégique s’imposait).
En cet après-midi du 23 juillet 2007, le Yasur étant « normalement déchaîné », le mariage de Matthew et de Karen a pu se dérouler le plus normalement du monde ; c’est le pasteur David Ni Jai (de l’église presbytérienne de Tanna) qui a procédé à l’union, avec Willie Niere (secrétaire provincial de la région de Tafea à Tanna).

Explosions à répétition

A chacun des « yes » des deux jeunes mariés, le volcan a répondu, en écho, par une explosion très forte et très audible aussi, ajoutant à l’atmosphère romantico-extravagante de cette réunion un rien surréaliste.
Une autre explosion salua ce double « yes » : celle d’un bouchon de champagne français, qui est allé atterrir dans le cratère fumant, tandis que le couple trinquait à son bonheur. En toile de fond, les nuages d’un Yasur, visiblement tout excité par cette cérémonie, enveloppait la mariée et son époux, visiblement ravis de cette atmosphère. Ils nous ont promis que leur relation de tous les jours serait tout de même moins explosive que ne le fut cet après-midi, où le blanc immaculé de la robe de Karen tranchait avec l’univers de cendres noires formant le cône volcanique du Yasur.
Si l’aventure vous tente vous aussi, il vous suffit de prendre vos dispositions avec l’hôtel White Grass. Robin, sa dynamique directrice, est à votre disposition.

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10:16 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anecdotes, volcans |  Facebook |

13/06/2007

 Comment le volcan islandais Laki a influencé le niveau du Nil

Comment le volcan islandais Laki a influencé le niveau du Nil

Les volcanologues savaient déjà que de grandes éruptions comme celles du Laki ou, plus récemment du Pinatubo avaient un impact temporaire sur le climat de notre planète. Des chercheurs ont analysé le niveau du Nil depuis l’an 622 à nos jours. Ils ont ainsi découvert que la catastrophe volcanique du Laki, coïncidait avec une variation peu commune des températures et des précipitations dans la région du Nil. Des faits similaires ont également été observés après l’éruption, en 1912, du Katmai (Alaska) ainsi qu’à la suite de celle de l’Eldgjá (Islande) en 939.

Pour valider l’existence d’un lien entre les deux événements, les scientifiques utilisé à un modèle numérique développé par le Goddard Institute for Space Studies de la NASA. Leurs résultats montrent que le Laki était bien responsable de plusieurs effets climatiques dans une grande partie de l’hémisphère nord, lesquels ont conduit à des précipitations anormalement basses en Afrique du Nord ainsi qu’à des crues niveaux records du Nil. Ce phénomène surprenant s’explique par les perturbations géochimiques provoquées par l’éruption du volcan (voir figure) : le Laki relâche alors de grandes quantités d’anhydride sulfureux dans l’atmosphère qui, au contact de la vapeur d’eau, donnent naissance à des aérosols. L’albédo augmente et la température baisse, entraînant une réduction de la différence de température entre les masses continentales Eurasiennes et Africaines et les océans Indien et Atlantique.

laki_geochimie_nasa

La vie de nombreuses populations dépendant fortement des moussons, cette mise en évidence d’un lien de cause à effet entre un événement d’éruption volcanique et des perturbations dans les précipitations saisonnières permettra certainement de mieux prendre en considération l’impact d’épisodes volcaniques et leurs conséquences agroéconomiques à des milliers de kilomètres de là.

Brève proposée par E. Reiter

L'albédo est le rapport de l'énergie solaire réfléchie par une surface sur l'énergie solaire incidente. On utilise une échelle graduée de 0 à 1, avec 0 correspondant au noir, pour un corps avec aucune réflexion, et 1 au miroir parfait, pour un corps qui diffuse dans toutes les directions et sans absorption de tout le rayonnement électromagnétique visible qu'il reçoit.

Type de surfaceAlbédo (0 à 1)
Surface de lac0,02 à 0,04
Forêt de conifères0,05 à 0,15
Surface de la mer0,05 à 0,15
Sol sombre0,05 à 0,15
Cultures0,15 à 0,25
Sable léger et sec0,25 à 0,45
Glace0,30 à 0,40
Neige tassée0,40 à 0,70
Neige fraîche0,75 à 0,90

Lire l'article complet (en anglais) sur :

logo_nasa
 
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09:01 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : laki, islande, nil, eruption, volcans |  Facebook |

21/03/2007

Signes de réveil de deux volcans en Nouvelle-Zélande

Signes précurseurs du réveil de deux volcans néo-zélandais !

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Cliquez sur la carte pour visionner un agrandissement & une présentation des volcans actifs & zones géothermales de la Nouvelle-Zélande.

Depuis mai 2006, le Mt Ngauruhoe et son voisin, le Mt Ruapehu, montrent des signes de réveil.

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Photo issue de la webcam de l'organisme NZ "GEONET". Cliquez sur la photo pour visionner le volcan Ngauruhoe en direct.

On pense que les deux volcans partagent la même source magmatique sous la croûte terrestre.

Le Mont Ngauruhoe a montré une augmentation significative du nombre de séismes durant les huit derniers mois. Il est évident que le volcan est en train de "bouger" après plus de 30 ans d’un profond sommeil.

Le réveil des deux volcans est associé à un type de séisme de basse fréquence (ou longue période), qui est souvent lié au mouvement souterrain des gaz, d’eau chaude ou du magma. Les scientifiques les dénomment séismes volcaniques de type A & B.

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Graphique montrant la distribution des séismes en temps réel sous le Ngauruhoe. Cliquez sur le diagramme pour visionner cette information actualisée quotidiennement. La forme des séismes de type B est typique (amplitude initiale élevée suivie par un amortissement de l'amplitude sur une assez longue durée; c'est pourquoi ce type de secousses, typiquement d'origine volcanique, est aussi appelé "séismes longue période ou LP". Il sont provoqués par un phénomène de résonnance au sein d'un réservoir magmatique fermé (tout comme l'air insufflé dans des tuyaux d'orgue peut entrer en résonnance, selon une certaine fréquence, lorsqu'une extrémité du tuyau est fermé/bouché). Les séismes de type A signalent quant à eux la fracturation des roches (solides) au passage du magma (visqueux/plastique) qui tente de se faufiler vers la surface (début brutal correspondant à la cassure de la roche, haute fréquence et amortissement rapide). Sur ce graphique, la plupart des séismes enregistrés sous le Ngauruhoe sont de type A. Un séisme de type-B (en violet) est cependant présent.

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Cliquez sur le logo pour "écoutez" le bruit des séismes volcaniques et en savoir plus sur les différents types de secousses volcaniques ! 

 ou sur "Volcano Seismology" pour visionner les graphiques/séismogrammes correspondant aux différents types de séismes d'origine volcanique.

Toutefois, le volcanologue du G.N.S., Graham Leonard, a indiqué que, même si les deux systèmes volcaniques partageaient la même source magmatique, ils étaient bien séparés l’un de l’autre et pouvaient donc entrer en éruption indépendamment l’un de l’autre.

 

Avant le lahar de ce dimanche 18 mars, entre 4 et 60 tremblements de terre étaient enregistrés sous le lac de cratère du Mont Ruapehu. Cependant, pendant les 24 heures ayant suivi le lahar, le nombre de secousses détectées est monté à 100.

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Le Mont Ruapehu (dernière éruption en 1995) vu par la webcam

 

Selon les experts du G.N.S., il y aurait un risque légèrement accru d’éruption géothermale au lac de cratère du Ruapehu. Vous pourriez l'imaginer comme une éruption d’un geyser s’élevant d’environ 40 à 50 mètres au-dessus de la surface du lac.

 

Pour lire d'autres informations à propos de ce récent lahar & visionner des photos du lac de cratère du Ruapehu et du lahar du 18 mars derniers, cliquez sur le lien suivants :

http://users.skynet.be/lave.belgique/news_eruptions.htm#Ruapehu

 

Pour visionner des belles photos des volcans actifs et des zones géothermales (zones de bassins d'eau chaude d'origine volcanique et de geysers) de Nouvelle-Zélande, cliquez sur la photo ci-dessous !

Ruapehu_lake
Le lac gris-vert de cratère (moyennement acide) du Mt Ruapehu et, au fond, le barrage naturel de téphra (matériaux pyroclastiques hétérogènes faiblement consolidés) haut de seulement +/- 5 mètres. C'est ce barrage naturel qui a cédé le 18 mars laissant échapper instantanément 1,3 millions m3 de débris et d'eau dans la vallée de la rivière Whangaehu, rappelant douleureusement  aux néo-zélandais la catastrophe qui s'est produite à la veille de Noël 1953 tuant 151 passagers d'un train qui n'allait jamais franchir un pont emporté par un lahar destructeur. Ce train reliait la capitale économique, Auckland, à la capitale administrative, Wellington.  Selon les études préliminaires, le récent lahar issu du lac de cratère du Mt Ruapehu, survenu le 18 mars, aurait été 25% plus important que celui qui a causé la tragédie de Tangiwai  en 1953.

 

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16:37 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revil, volcans, nouvelle-zelande, seismes volcaniques |  Facebook |

06/03/2007

Photos d'un voyage récent sur les volcans actifs du Guatemala (© T. SLUYS)

Magnifiques photos spectaculaires d'un voyage récent sur les 3 volcans actifs du Guatemala ; par © Thierry SLUYS.

map_volcans_guatemala
Localisation des 3 volcans les plus actifs du Guatemala.
Pacaya_02
Petites coulées de lave (scoriacée) sur les pentes NO du cône actif (Mac Kenney) du volcan Pacaya situé aux portes de la capitale Cd. Guatemala (à 25 km du centre-ville à vol d'oiseau).
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Coulées de lave scoriacée ("aa") sur les pentes sud du volcan Fuego (alt. 3763 m.).
Santiaguito_nuit_Palmar_01

Avalanche de blocs incandescents sur les pentes SO du dôme "El Caliente", dôme actif du complexe volcanique du Santiaguito (alt.: 2500 m.). niché dans l'ancien cratère (< éruption de 1902) du Santa Maria
SANTIA NUIT
Le cratère du "El Caliente", localement incandescent (< gaz chauds), vu à l'aurore du sommet du volcan Santa Maria (alt.: 3772 m.).
Santiaguito_SM_sm_00

Phase initiale de l'une des fréquentes explosions projetant cendre et gaz en dehors du cratère du dôme "El Caliente", vue du sommet du Santa Maria (alt.:3772 m.).

GUA_0024

Le fabuleux lac Atitlan niché dans la caldera du même nom. A l'arrière-plan, on aperçoit le volcan endormi S. Tomas.

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12:25 Écrit par Alain M./Alino dans Volcans | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : guatemala, volcans, coulee, lave, aa |  Facebook |